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La plaie syndicale

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On m’accuse de ne jamais écrire de choses gentilles sur le Québec. Je mets un beau 20 $ en plastique sur la table que si les chroniqueurs abusaient des bonnes nouvelles, vous seriez peu nombreux à nous lire.

On m’accuse de ne jamais écrire de choses gentilles sur le Québec. Je mets un beau 20 $ en plastique sur la table que si les chroniqueurs abusaient des bonnes nouvelles, vous seriez peu nombreux à nous lire.

Comme l’a écrit le plus célèbre journaliste français, Albert Londres: «Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie.» J’ajouterais: «dans l’espoir qu’elle guérisse».

Pour doper notre moral, je suggère plutôt au ministre de la Culture d’embaucher un barde pour louanger ce qui est beau, bon et noble au Québec. L’Angleterre et les États-Unis, et même le Canada, retiennent les services d’un poète national. L’actuel poète du Parlement, c’est son titre officiel, s’appelle Michel Pleau. Natif de Québec, il enseigne à l’université Laval et il écrit de bien jolies choses.

«La mémoire parfois/se posait sur l’épaule de ma mère.»

EN PARLANT DE BOBOS

Mais une plaie, c’est laid. Ainsi va la vie. On se blesse tous un jour ou l’autre. Il y a deux façons de réagir: détourner le regard, après avoir proféré un juron ou deux, et laisser le problème passer de ponctuel à structurel. Ou appliquer rapidement un remède. Même si ça fait mal. En répétant jusqu’à guérison complète.

Ce que nous avons appris cette semaine à la commission Charbonneau en dit long sur notre impuissance à fermer des plaies qui purulent depuis trop longtemps, comme l’intimidation et la violence sur les chantiers de construction. Bernard «Rambo» Gauthier n’est que le dernier sur la liste de goons syndicaux québécois, fier héritier des Dédé Desjardins d’antan.

Le 21 mars marquera le 40e anniversaire du saccage de la Baie James, quand des fiers-à-bras de la FTQ ont détruit un campement de travailleurs. Trente millions $ de dégâts et six jours plus tard, le gouvernement Bourassa a mis sur pied la commission Cliche. Sa conclusion? Le saccage de la Baie James était «une opération montée par un noyau de mécréants, dirigés par [Yvon] Duhamel [agent d’affaires de la FTQ], pour montrer une fois pour toutes qui était le maître à la Baie James».

La FTQ a été mise sous tutelle et a dû payer 200 000 $. Duhamel a écopé de dix ans de prison. Mais la recommandation d’abolir le placement syndical a été rejetée, jusqu’en 2013, et l’intimidation a continué.

LA CULPABILITÉ D’HYDRO-QUÉBEC

Il est scandaleux qu’on travaille la peur au ventre sur des chantiers de l’État québécois.

Hydro-Québec n’est pas blanc comme neige non plus. Ses dirigeants, et ses maîtres politiques, ont peu appris de la commission Cliche puisqu’ils ont continué de tolérer la tyrannie syndicale sur les chantiers, notamment La Romaine et Péribonka, au nom de la paix syndicale.

Qui dirigeait la sécurité industrielle chez Hydro à l’époque? Le chef de la SQ, Mario Laprise, nommé par le PQ en 2012.

Je ne suis pas poète d’État, mais permettez-moi de paraphraser Shakespeare: «Quelque chose est nettement pourri au royaume du Québec.»

 

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