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Côte-Nord

Portrait noir des chantiers de construction de la Côte-Nord: la FTQ répond à l’enquêteur Comeau

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PHOTO ARCHIVES / AGENCE QMI Bertrand Méthot (à gauche).

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SEPT-ÎLES – L’enquêteur Michel Comeau a fourni une description des chantiers de la Côte-Nord qui n’a rien à voir avec la réalité, selon le porte-parole régional de la FTQ Construction, Bertrand Méthot.

«C’est épouvantable ce qu’on entend à la commission Charbonneau, a dit M. Méthot.

[…] On laisse entendre que des sommes de 15 000 $ ou 50 000 $ ont été versées à notre monde pour obtenir la paix syndicale. S’il y a des criminels dans nos syndicats, qu’on les poursuive devant les tribunaux. Je ne connais personne qui a reçu ces chèques-là et je ne connais pas personne qui a un gros train de vie dans mon entourage.»

L’agent de la FTQ sur la Côte-Nord a rappelé mardi qu’actuellement 1200 travailleurs de la construction de la région chôment alors que des milliers de travailleurs de l’extérieur s’exécutent sur des chantiers.

«Ça m’écœure qu’on laisse croire à la commission Charbonneau que les travailleurs de la Côte-Nord sont des pas bons, a-t-il dit. C’est sur qu’une personne qui a ses cartes de compétence et qui ne travaille pas, rage de voir que les deux tiers des ouvriers à La Romaine proviennent de l’extérieur. On n’encourage pas la violence, mais on comprend le mécontentement du monde.»

Les syndicats de la Côte-Nord veulent régler en priorité le dossier de la mobilité de la main-d'œuvre qui fait l’objet de négociation dans l’industrie de la construction. Bertrand Méthot croit que des mesures pour favoriser l’embauche des travailleurs de la Côte-Nord sur les chantiers de la région amélioreraient la situation.

Pour sa part, le maire Réjean Porlier a hâte de voir les conclusions d’une étude demandée par Développement économique Sept-Îles pour expliquer les coûts de construction jusqu’à 30 % plus élevés sur la Côte-Nord.

«Il n’y a pas que les syndicats en cause. Ce sont sans doute plusieurs facteurs qui expliquent ce qui se passe. Nous avons besoin de ça chaque 15 ans une commission Charbonneau au Québec comme ailleurs dans le monde pour éliminer de la corruption, de la collusion et de l’intimidation», a commenté le maire de Sept-Îles.

De retour après une semaine de pause, la commission Charbonneau se penche depuis lundi sur le placement syndical dans l'industrie de la construction au Québec. L'enquêteur Michel Comeau a dit avoir recueilli des témoignages troublants sur le chantier de la phase 2 de l'Aluminerie Alouette. Selon certains de ces témoignages, la paix syndicale aurait été achetée. La commission s'est aussi penchée sur la construction de quatre centrales par Hydro-Québec près de Havre-Saint-Pierre.

Selon un témoin, le représentant syndical de la FTQ-Construction pour la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier et ses lieutenants en mènent large. «Là-bas, Rambo est vu comme un Dieu. C'est une personne influente sur les chantiers», a résumé Michel Comeau.

Un autre entrepreneur lui a confié avoir été frappé et menacé par des gens de la FTQ-Construction à Sept-Îles. Il a aussi mentionné des cas de machineries sabotées en guise de moyen de pression.

Au cours des derniers mois, Michel Comeau a rencontré près de 70 travailleurs, délégués syndicaux et entrepreneurs en construction.

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