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Boulangerie Canada Bread

Un groupe mexicain dévore le pain POM

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Photo SÉBASTIEN ST-JEAN / AGENCE QMI La Boulangerie Canada Bread, à Montréal.

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Le boulanger Canada Bread (CBY) passera aux mains de la multinationale mexicaine Grupo Bimbo. L’entreprise va débourser 1,83 milliard $ pour percer le marché canadien et s’emparer de marques populaires comme POM, Bon Matin et Villaggio.

Dans le cadre de la transaction, Bimbo s’est engagé à payer 72$ par action de Canada Bread. Il s’agit d’une prime de 7% par rapport au cours de clôture du titre, mardi à la Bourse de Toronto.

La transaction pourrait entraîner une restructuration des activités de l’entreprise, qui produit aussi des viennoiseries. C’est à tout le moins ce que croient des spécialistes en acquisitions, consultés par Argent.

«Il y a une tendance à la consolidation dans le secteur de l’alimentation. On l’a vu dans les produits laitiers et dans la bière, entre autres», a exprimé Louis Hébert, professeur à HEC Montréal.

L’universitaire estime que Bimbo pourrait conserver toutes les marques régionales de Canada Bread en les produisant dans un plus petit nombre d’usines.

Actuellement, Canada Bread exploite 22 boulangeries, principalement situées au Canada. La compagnie est aussi présente aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Au Québec, Canada Bread a œuvré sous l’appellation de Multi-Marques jusqu’en 2012. Elle détient huit boulangeries et cinq centres de distribution dans la province, notamment à Montréal, Laval, Québec et Lévis.

Le Syndicat International des Travailleurs et Travailleuses de la Boulangerie, Confiserie, Tabac et Meunerie (BCTM), qui représente 200 employés québécois de Canada Bread, ne craint cependant pas de mises à pied à court terme.

«Je ne dis pas que ça n’arrivera jamais. Mais à court terme on s’attend plus à des changements au sein de la direction», a commenté Sylvain Gagné, représentant international de l’organisation.

À l’Université Laval, Yan Cimon croit que Bimbo va essayer d’augmenter l’efficience de la compagnie, avant de faire des compressions dans sa chaîne de production. «Elle pourrait d’abord s’attaquer au réseau de distribution et aux questions logistiques», a dit le professeur de management.

La prise de contrôle de Bimbo était dans l’air depuis quelques mois. Maple Leaf, qui contrôle 90% de Canada Bread, avait indiqué qu’elle désirait se défaire de son investissement, en octobre dernier.

Les producteurs de pains commerciaux souffrent d’une baisse de demande pour leurs produits, en raison notamment du virage santé de nombreux nord-américains, et aussi de la popularité croissante des produits des producteurs artisanaux.

Cette transaction était d’ailleurs appréhendée par les propriétaires de plus petites boulangeries québécoises. Ils craignent, par exemple, que leur nouveau rival mexicain inonde le marché de ses produits les plus populaires en Amérique du Sud.

«Heureusement que les Québécois sont des Gaulois et qu’ils aiment manger nos pains sans sucre et sans gras», a dit Benoit Faucher, directeur général de la Boulangerie St-Méthode.

Selon les experts consultés par Argent, deux options s’offrent à Bimbo pour hausser ses parts de marché canadiennes. Consolider ses activités pour affronter Weston dans le pain commercial ou innover en lançant des produits artisanaux semblables à ceux des petits joueurs.

Les actions de Canada Bread ont augmenté de près de 22% depuis que Aliments Maple Leaf a annoncé en octobre dernier qu’il souhaite vendre sa participation de 90% dans la boulangerie.


La multinationale Grupo Bimbo est l’un des plus grands producteurs de produits de boulangerie dans le monde. L’entreprise mexicaine est présente dans 19 pays, situés en Amérique, en Europe et en Asie.

En plus du pain tranché, elle produit notamment des petits pains, des biscuits, des gâteaux et des tortillas. Bimbo exploite 144 usines et plus de 1600 centres de distribution à travers le monde.

En 2012, le chiffre d’affaires de la multinationale s’est chiffré à environ 14 milliards $ canadiens. Environ 46 % des revenus provenaient des États-Unis, 40 % du Mexique et le reste d’autres pays.
Grupo Bimbo a réalisé une acquisition majeure en 2008, aux États-Unis, en faisant l’acquisition des activités américaines de Weston au coût de 2,38 milliards $.

L’entreprise compte 126 000 employés dans le monde. Elle est négociée à la Bourse de Mexico depuis 1980.

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