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Pollution | Microbilles

Des produits de beauté néfastes pour l’eau

L’État de New York veut bannir l’utilisation de microbilles

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NEW YORK | L’État de New York veut bannir les produits de beauté qui contiennent des microbilles de plastique afin de protéger les cours d’eau, mais au Québec personne ne semble encore se soucier de ce nouveau phénomène de pollution.

Avec son Microbead-Free Waters Act, New York sera d’ailleurs le premier État américain à interdire la vente et la production de produits contenant des microbilles de moins de cinq millimètres.

Ces microbilles, aussi petites que des grains de sel, sont utilisées dans de nombreux produits de beauté. Par exemple, un seul tube d’exfoliant Clean & Clear contient 330 000 microbilles.

«Elles sont si petites que la plupart des usines de traitement des eaux usées n’arrivent pas à les attraper­­», dit Marcus Eriksen, le scientifique américain responsable de l’étude qui a mené au projet de loi.

Jusque dans le canal Lachine

Ça semble être aussi le cas au Québec. «Les stations d’épuration ne sont pas équipées pour filtrer ces microbilles», affirme Daniel Green, coprésident à la Société pour vaincre la pollution. Il dit avoir reçu des plaintes l’été dernier quant à la présence de billes de plastique dans le canal Lachine.

Selon Philippe Sabourin, porte-parole de la ville de Montréal, le traitement actuel des eaux usées «ne permet pas de retirer de façon significative les particules de très faible taille comme les microbilles de plastique».

«Malheureusement, nous ne nous sommes pas penchés sur ce phénomène chez nous», indique aussi Nathalie Labonté, porte-parole de l’Institut national de santé publique du Québec.

«Au Québec, on n’est pas du tout en avance par rapport à la protection de l’eau. Pourtant, il y a de plus en plus de polluants de ce type dans les cours d’eau», déplore Martine Chatelain, présidente de la Coalition Eau Secours!

En 2012 et 2013, Marcus Eriksen a recueilli des échantillons dans les Grands Lacs, où il a trouvé jusqu’à 466 000 particules par kilomètre carré.

«C’est inquiétant parce que les plastiques ont tendance à absorber les polluants tels que les pesticides et l’huile de moteur. Les poissons les mangent et au bout de la chaîne alimentaire ça pose un risque pour la santé humaine», dit M. Eriksen.

Certaines entreprises ont commencé à réagir à la recherche.

Johnson&Johnson, Proctor and Gamble et Colgate-Palmolive ont tous accepté de commencer à éliminer les microplastiques.


Un groupe de pression a créé une application pour téléphone qui permet de scanner à la pharmacie le code-barres des produits et voir s’ils contiennent des matières plastiques. beatthemicrobead.org

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