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Hépatite C

Un mal silencieux mais curable

Au Canada, le VHC est un problème important qui affecte près de 1 % de la population

Hépatite C
Illustration benoit tardif, colagene.com

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L’année 2014 pourrait être déterminante pour la fin de l’épidémie du virus de l’hépatite C (VHC).

L’année 2014 pourrait être déterminante pour la fin de l’épidémie du virus de l’hépatite C (VHC).

De nouveaux traitements plus simples pourraient guérir ce mal, pour autant que des politiques de santé publique soient mises en place afin de sensibiliser la population et le personnel de santé au problème­­.

1 % de la population

À l’échelle mondiale, environ 170 millions de personnes sont infectées par le VHC.

Au Canada, le VHC est un problème important qui affecte près de 1 % de la population, soit 250 000 personnes. Au Québec, 45 % des cas déclarés proviennent de la région de Montréal.

Les groupes les plus touchés par le VHC sont essentiellement les utilisateurs de drogues par injection (UDI) ou les ex-UDI, la population carcérale, les migrants venus de régions où le taux de VHC est particulièrement élevé, comme l’Égypte et l’Asie.

À ces groupes s’ajoutent les baby-boomers, nés entre 1945 et 1975. Plusieurs études ont montré que ces personnes ont cinq fois plus de risque d’être infectées par le VHC que les autres adultes et qu’elles sont souvent bien moins dépistées que les plus jeunes générations.

Il faut rappeler qu’avant 1992, les produits sanguins n’étaient pas sécurisés et que le VHC pouvait se transmettre lors de transfusions sanguines. Bien que la transmission sexuelle du VHC demeure peu élevée, depuis 2012 on a pu constater, notamment à la clinique l’Actuel (à Montréal), une augmentation de ce nombre de cas.

Seules 20 % des personnes infectées par le VHC guériront spontanément.

Tous les autres cas vont développer une hépatite chronique qui mènera à une cirrhose (20 %) puis à un cancer du foie dans 1 % à 4 % des cas.

Épidémie silencieuse

La difficulté majeure de l’épidémie de VHC tient au fait qu’elle est silencieuse.

D’une part, un nombre important de personnes qui sont infectées l’ignorent. Plusieurs études ont montré que, selon les régions du monde et les groupes concernés, ce pourcentage peut varier entre 30 % et 90 %.

D’autre part, le VHC ne présente pas de symptôme dans 75 % des cas, ce qui peut durer des années pendant lesquelles la maladie continue à progresser chez la personne porteuse du VHC et le virus est toujours transmissible.

Nouveaux traitements

Jusqu’à présent, les traitements étaient lourds à cause de leur durée (jusqu’à 48 semaines), de leurs effets secondaires très graves – essentielle­ment liés à l’usage d’interféron. De plus, ces traitements ne permettaient de guérir, au mieux, qu’un cas sur deux.

Aujourd’hui, l’arrivée de traitements qui ne durent que 12 semaines pour certains, dont les effets­­ secondaires, s’ils ne comprennent pas d’interféron, sont négligeables et n’entravent pas un rythme de vie normal, va permettre de guérir la grande majorité des personnes atteintes de VHC.

Dans ce contexte, il est essentiel que la santé publique agisse pour rendre accessibles le dépistage et le traitement à toutes les personnes concernées.

L’accessibilité de cette prise en charge nécessite de conscientiser le personnel de la santé à la réalité de cette épidémie silencieuse et de diriger les personnes à risque vers les services appropriés et les médecins accoutumés à offrir les traitements contre le VHC.

Ces traitements guérissent et ils coûtent cher.

Mais ne pas traiter a aussi un coût, sur les plans économique et épidémiologique. Il ne faudrait pas, pour des raisons économiques, tergiver­ser avant de prendre les mesures nécessaires pour les rendre accessibles à la population.

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