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Le Québec | Une histoire de famille

Les Perron

Le carnage...

Carte Perron

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Nous célébrons cette année le 100e anniversaire de la «Grande Guerre» qui secoua le monde de 1914 à 1918. Le bilan de ce terrible conflit mondial dépasse l’entendement... Près de 9,5 millions de soldats y ont laissé leur peau. Quant aux blessés, les historiens avancent le chiffre de 21,2 millions. Pour soigner ces hommes qui avaient connu l’enfer des tranchées, environ 2500 infirmières canadiennes ont été appelées en renfort. Parmi elles, Marie Perron...

Nous célébrons cette année le 100e anniversaire de la «Grande Guerre» qui secoua le monde de 1914 à 1918. Le bilan de ce terrible conflit mondial dépasse l’entendement... Près de 9,5 millions de soldats y ont laissé leur peau. Quant aux blessés, les historiens avancent le chiffre de 21,2 millions. Pour soigner ces hommes qui avaient connu l’enfer des tranchées, environ 2500 infirmières canadiennes ont été appelées en renfort. Parmi elles, Marie Perron...

Selon les chiffres du généalogiste Marcel Fournier, environ 16 400 Québécois portent le patronyme de Perron. Un de leurs trois ancêtres, Daniel Perron dit Suire (1638-1678), fils d’un prospère propriétaire de bateaux protestant, s’installe en Nouvelle-France en 1662 et se convertit au catholicisme un an plus tard... au grand désespoir de son père, qui le renie aussitôt!

Les deux autres pionniers de la famille Perron ne portaient pas ce patronyme à leur arrivée. Pour des raisons qui échappent aux généalogistes, des descendants de Jacques Desnoyers dit Lajeunesse (1656-1735) et de Joseph Dugrenier dit Perron (1720-1770) adopteront le seul nom de Perron et le transmettront aux générations suivantes jusqu’à l’infirmière Marie Perron, témoin privilégié du carnage de la Première Guerre mondiale.

6500 MORTS PAR JOUR...

Contrairement à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), les responsabilités de la Première Guerre mondiale sont plus difficiles à établir. Depuis l’affrontement franco-allemand de 1870, les Français défaits rêvaient de prendre leur revanche alors que les dirigeants militaristes allemands espéraient agrandir leur Empire – le IIe Reich. Au centre de l’Europe, l’Empire austro-hongrois était attaqué de l’intérieur, de même que la Russie des tsars.

Lorsque l’Europe entre en guerre au cours de l’été 1914, les belligérants sont convaincus que l’affrontement sera de courte durée. Les soldats français, anglais, allemands, autrichiens et russes partent au front dans l’enthousiasme, convaincus de leur supériorité militaire et morale. Ils ignorent que la guerre qu’ils s’apprêtent à vivre est d’un genre complètement nouveau.

Pendant quatre ans, les «poilus» français et leurs vis-à-vis allemands se terreront dans des tranchées pleines de boue et infestées de rats pour éviter le feu ennemi, plus puissant que jamais grâce aux progrès de l’armement. Chaque offensive se solde par des pertes terribles...

LES « OISEAUX BLEUS » À LA RESCOUSSE

En plus d’envoyer des soldats, le Canada aménage une quarantaine d’hôpitaux pour soigner les nombreux blessés qui reviennent du front. Deux de ces hôpitaux eux seront gérés exclusivement par des Canadiens français. Marie Perron et plusieurs infirmières y feront leurs premières armes.

Née au Michigan, elle a grandi en Beauce et vécu au Lac-Saint-Jean lorsqu’elle décide, à 29 ans, de se porter volontaire le 17 mars 1915. Elle reçoit à l’hôpital Notre-Dame de Montréal une formation rudimentaire inspirée de la pionnière britannique de cette profession, Florence Nightingale.

Une fois sur place, Marie Perron s’occupe des effets des blessés ainsi que de leur hygiène et de leurs repas. On présume que, comme les autres infirmières, elle doit aussi assister les médecins qui procèdent à des opérations. Ces femmes ne manquent pas de travail, car tous les hôpitaux accueillent bien plus de soldats que le nombre de lits prévus.

Comme le montrent les journaux personnels d’autres infirmières, la souffrance physique et psychologique des soldats amputés et défigurés trouble énormément ces femmes âgées de 24 ans en moyenne, le plus souvent issues de familles de la petite bourgeoisie. Le spectacle quotidien de cette détresse humaine en affecte plusieurs. Dans un des deux hôpitaux canadiens-français, note l’historienne Mélanie Morin-Pelletier, on forcera le retour à la maison d’une infirmière sur cinq. La plupart souffrent de «fatigue chronique, d’anémie, de maux de tête, de vomissements et d’indigestions».

Cette expérience au front les marquera à jamais.

(Mélanie Morin-Pelletier, Briser les ailes de l’ange. Les infirmières militaires canadiennes (1914-1918), Athéna, 2006. Voir aussi le site de la famille Perron: famillesperron.org)

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