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Procréation assistée

Certains médecins n'ont pas la formation adéquate

Procréation assistée
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Des spécialistes en procréation assistée s'inquiètent du fait que certains médecins prodiguent des soins sans posséder la formation nécessaire. Ils réclament que les médecins offrant des traitements de fertilité suivent une formation spécialisée obligatoire.

La Société canadienne de fertilité et d'andrologie (SCFA) souhaite que les médecins offrant des soins aux couples atteints d'infertilité suivent obligatoirement une formation postdoctorale d'au moins deux ou trois ans.

«Nous sommes inquiets de voir des gens qui sont attirés par cette branche pour des raisons d'ordre financier. On parle de traitements potentiellement dangereux s'ils ne sont pas administrés correctement. Il est grand temps que cette sur-spécialité soit reconnue pour la plus grande sécurité des patients», affirme l'ancien président de la SCFA, Dr François Bissonnette.

La SCFA se dit préoccupée par le manque de connaissances liées au risque de complications qu'entraînent certaines procédures médicales qui peuvent engendrer des lésions aux organes internes, des hémorragies massives et même la mort dans certains cas.

«On diminue certainement ces risques avec la formation postdoctorale, soutient Dr Neal Mahutte, membre du conseil d'administration de la SCFA. On ne peut pas déterminer les exigences de formation des médecins nous-mêmes, mais on veut donner l'exemple à toutes les provinces canadiennes.»

Au Québec, les médecins pratiquant la procréation assistée doivent être spécialisés en gynécologie-obstétrique, mais ils ne sont pas tenus de suivre la formation postdoctorale en endocrinologie de la reproduction et infertilité (ERI), tel que le recommande la SCFA.

D'ailleurs, le Collège des médecins du Québec ne reconnaît pas les sous-spécialités telles que l'ERI, et ce, malgré le fait que d'autres provinces canadiennes comme l'Alberta et l'Ontario les exigent spécifiquement.

Nouvelles spécialités au Québec?

Tout cela pourrait être appelé à changer sous peu, selon Dr Yves Robert, secrétaire au Collège des médecins. Il indique que l'ordre professionnel étudie présentement la possibilité de reconnaître six nouvelles spécialités, dont la formation en ERI.

«Il est possible que les médecins souhaitant pratiquer la procréation assistée aient besoin de cette sous-spécialité. Cela permet d'avoir une formation comparable d'un individu à l'autre et de développer la recherche locale», a expliqué le Dr Robert.

Ce dernier précise que les recommandations à ce sujet sont attendues d'ici la fin de l'année.

Depuis 2010, le gouvernement du Québec offre gratuitement la procréation assistée aux résidents de la province. L'an dernier, plus de 8 000 cycles de fécondation in vitro ont été effectués au coût global de près de 60 millions $.

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