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Justice | Prédateur sexuel

Initié au sexe dès l’enfance

La consommation intensive de pornographie est au cœur de sa problématique

Eduard Stefan Georgescu
Photos courtoisie Eduard Stefan Georgescu, 31 ans, a été arrêté par la police qui croit qu’il est le maniaque de Brossard. À gauche, le portrait-robot du suspect diffusé par la police.

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Initié à la pornographie dès son tout jeune âge, le prédateur arrêté par la police de Longueuil a développé une obsession pour les films porno, une soupape pour évacuer ses frustrations face aux femmes.

Eduard Stefan Georgescu, 31 ans, a été arrêté vendredi par la police de Longueuil et accusé d’avoir agressé sexuellement 11 femmes, âgées de 13 à 29 ans.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, dès sa tendre jeunesse, l’accusé a été trempé dans une atmosphère où la pornographie était omniprésente. Il a eu l’occasion de voir régulièrement des films pornographiques dès son jeune âge.

Pour lui, des relations sexuelles normales étaient ce qu’il voyait dans ces films. Et dès l’âge de cinq ans, il a été appelé à reproduire ces scènes explicites, avec une jeune fille de son entourage.

Grand consommateur de porno

Son thérapeute, le sexologue Mario Larivée-Côté, fut appelé à témoigner sur le passé et les déviances de son client, en octobre dernier, devant le tribunal.

Il a raconté l’expérience en parlant d’un «contact génital» et d’une «tentative de pénétration».

Puis, à l’adolescence, il est devenu un très grand consommateur de pornographie.

Pour lui, ce qui se déroulait dans ces films représentait ce que devait être la réalité, ce qui engendrait une inévitable déception dans ses relations sexuelles personnelles.

«Il avait de la difficulté à maintenir une érection, car il consommait de la pornographie à outrance», a dit le sexologue. Il a d’ailleurs déjà consulté pour sa dysfonction érectile.

Aussi, de façon générale, M. Georgescu accumulait les frustrations de toutes sortes, notamment reliées aux femmes. Et son exutoire, c’était le sexe. Et la drogue: il consommait de la marijuana. Une façon pour lui, tout comme le sexe, de faire passer ses frustrations.

Gérer ses frustrations

Il y a quelques années, frustré par un échec amoureux, il s’était lancé dans une série d’appels téléphoniques dans lesquels il tenait des propos indécents. Encore une fois une façon à passer sa frustration. L’affaire avait été judiciarisée.

«Il doit apprendre à gérer ses frustrations», a résumé le sexologue Larivée-Côté.

L’accusé Georgescu est en thérapie depuis l’été dernier. Il rencontre son sexologue à la prison de Bordeaux.

Par ailleurs, il a été permis d’apprendre au tribunal qu’en 2011, à Longueuil, il avait commis une grossière indécence en se masturbant devant une femme, alors qu’il se trouvait dans la voiture de sa conjointe.

Georgescu est actuellement détenu et reviendra devant le tribunal le 11 mars.

Ce que son
sexologue a dit
«
«C’est clair pour lui que présenter une arme à feu à une femme, à cinq ou six heures le matin, ce n’est pas une technique de séduction.»
«
Il consomme de la pornographie à outrance, principalement axée sur des femmes avec de gros seins.»
«
Je pense qu’il commence à être conscient que la pornographie et la réalité, ce n’est pas nécessairement la même chose.»
«
Il m’a dit que les armes, il trouvait ça beau.»
«
Dans la vie, parfois, il faut faire des compromis, mais pour lui, ce n’était pas nécessairement une option. Il voulait la totale. Il ne l’avait pas nécessairement.»
«
Il faudrait qu’il réapprenne à avoir une sexualité plus saine, plus mature, au niveau relationnel avec l’autre, et que l’autre ne soit pas simplement utilisé comme objet sexuel.»
Mario Larivée-Côté,
sexologue
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