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Québec dans le rouge

Après 760 000 $, le projet est abandonné par Québec

Le gouvernement va devant les tribunaux pour refiler la facture aux entreprises privées

Ministère de la Justice à Québec
Photo d’archives Après l’échec de l’informatisation de la justice qui a coûté 40 M$ inutilement, le ministère de la Justice connaît encore des déboires informatiques.

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Le gouvernement veut être remboursé par deux firmes privées après avoir dépensé des centaines de milliers de dollars dans un projet informatique qui n’a jamais vu le jour au ministère de la Justice.

Le gouvernement veut être remboursé par deux firmes privées après avoir dépensé des centaines de milliers de dollars dans un projet informatique qui n’a jamais vu le jour au ministère de la Justice.

Québec prétend que ces entreprises sont solidairement responsables de l’échec et qu’elles n’ont pas livré ce qui était demandé.

Les défendeurs répliquent avoir bien fait le travail, mais que le ministère a changé sa commande pendant que le projet était en cours de réalisation.

Pour un rare cas, c’est donc un juge qui devra démêler ce nouveau «bordel» informatique et dire qui a causé le dérapage. Par le passé, le gouvernement du Québec avait plutôt tendance à acheter la paix en signant des chèques, selon de nombreux cas recensés depuis un an par notre Bureau d’enquête.

Un bon dérapage

Lancé en 2011, le projet nommé THÉMIS devait à l’origine être achevé en novembre 2011 et coûter 510 000 $.

À ce jour, 764 200 $ ont été dépensés et le projet a été «abandonné» en raison de nombreuses anomalies, selon ce que nous a confirmé le ministère.

THÉMIS est un logiciel qui visait à remplacer le système informatique utilisé pour gérer les dossiers des victimes d’actes criminels. La relance de ce projet n’a pas été encore envisagée.

Si le gouvernement s’est rarement lancé dans la chasse aux responsables des échecs informatiques par le passé, le ministère de la Justice, cette fois-ci, prétend que le privé est responsable et demande aux tribunaux de le confirmer afin de récupérer l’argent perdu.

Québec en cour

Québec a donc lancé une procédure contre les entreprises Multiforce Technologies et Medical Computing Group. L’État réclame 474 563 $,

peut-on lire dans les documents judiciaires.

Les défendeurs n’ont pas encore produit leur défense. Le procès était initialement prévu pour les prochains mois, mais il a été retardé. Une entente hors cours pourrait survenir.

Dans des documents produits par le ministère dont nous avons obtenu copie, il est exposé que le «fournisseur n’a pas respecté l’échéancier sans même en alerter le ministère au préalable».

Le logiciel ne fonctionne pas, tranche le ministère. «La portée même du projet que le fournisseur consentait à livrer était différente de celle convenue dans l’appel d’offres», dit-on.

 

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