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Activité hivernale

Conquérir Tremblant en randonnée alpine

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MONT-TREMBLANT | Pour Robert Roy, Daniel Cooper et Sean Kennedy, le plus grand bonheur dans le ski, ce n’est pas de dévaler les pentes à vive allure. Pour eux, rien n’est plus exaltant que de gravir une montagne, skis aux pieds, et de s’adonner aux joies de la randonnée alpine.

Les adeptes de cette activité font partie d’une race qui prolifère de plus en plus au Québec. Ces sportifs boudent les télésièges pour gravir les montagnes n’importe où, n’importe quand, toujours en quête d’aventure. Selon Roger Laroche, éditeur du Carnet du ski, un site internet spécialisé sur le monde de la glisse, on doit cette mode à la popularité de l’émission de Simon Saint-Arnaud, L’Aventurier alpin, diffusée sur Évasion, et au développement du ski hors-piste en Gaspésie. «Méconnu en Amérique, ce type de ski existe toutefois depuis des lunes dans les Alpes», rappelle ce connaisseur.

Pour comprendre ce qui anime ces passionnés de la chose, rien de mieux que de l’essayer. Direction Mont-Tremblant, où la station offre, depuis peu, des initiations de quelques heures ou d’une journée à la randonnée alpine, avec instructeur et location d’équipement dernier cri.

Pour mon guide Robert Roy, gravir 500 mètres de dénivelé, il n’y a rien là. «Ce que j’aime de cette activité, c’est qu’elle me permet de découvrir les coins les plus reculés de la montagne», me dit-il. Deux autres crinqués nous accompagnent. Daniel Cooper est un triathlète, tandis que Sean Kennedy court des ultramarathons. Ces trois amis partagent tous une passion dévorante pour ce type de ski, au point d’en faire plusieurs fois par semaine.

Équipement spécialisé

À 11 h 15, on commence notre ascension, près du télésiège Flying Mile. Afin d’éviter les conflits d’usage, la station a créé des zones désignées pour la rando alpine, en bordure de piste ou en forêt. On commence par marcher sur la piste Nansen, avant d’emprunter le sentier Vertigo, long de 3,9 km, qui nous mènera jusqu’au pic White (870 mètres). Ensuite, on redescendra dans l’une des 95 pistes de la station.

Cette activité se pratique avec de l’équipement spécialisé. Il faut des fixations qui permettent de libérer le talon pour faciliter l’ascension. Les bottes sont dotées d’un système permettant de passer du mode ski au mode marche. Mais la principale différence avec le ski alpin, ce sont les peaux d’ascension que l’on colle sous les skis pour monter et que l’on décolle pour la descente. Un tel équipement coûte à peu près 2000 $.

Chose étonnante, la montée est relativement facile, moins difficile qu’en raquette, car on n’a pas besoin de lever le pied à chaque foulée, mais de glisser. Les peaux d’ascension sont d’une efficacité redoutable, même sur la glace. Résultat: il nous a fallu 2 h 45 pour atteindre le sommet, mais en temps normal, mes crinqués ne prennent qu’une heure pour le faire.

Après cette longue et épuisante montée, la descente n’a pas la même saveur. Chaque minute de glisse, on la savoure pleinement. C’est un peu ça la beauté de la randonnée alpine: elle permet de redécouvrir le ski sous un nouvel angle, tout en constituant un entraînement efficace. On y retourne, absolument.

 
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