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L’investissement responsable progresse chez les Québécois

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 L’investissement socialement responsable (ISR) gagne en popularité au Québec. En 2015, les ménages québécois seraient disposés à investir jusqu’à 2,2 milliards $ de leurs épargnes personnelles dans un fonds responsable.

Les particuliers les plus attirés par des actifs importants en ISR y placeraient en moyenne entre 754 $ et 950 $ par année. Les ménages lavallois seraient les plus enthousiastes et y investiraient jusqu’à 1400 $ par année. C’est ce qui ressort de l’étude «Les Québécois et l’investissement socialement responsable : portrait 2014», publiée ce mercredi par l’Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable (OCR).

L’investissement socialement responsable (ISR) consiste à prendre en compte dans les choix et la gestion d’investissements des critères «extrafinanciers», c’est-à-dire environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en plus des critères financiers conventionnels.

Une croissance constante

Au Canada, les actifs en ISR ont été multipliés par 11 depuis 2002 pour atteindre en 2012 plus de 600,9 milliards $. Ce montant représente environ 20 % des actifs sous gestion dans l’industrie financière. Par contre, ce sont principalement les investisseurs institutionnels qui y placent leurs avoirs, car les particuliers ne savent pas trop comment s’y fier.

«Comme consommateurs, les Québécois choisissent en grand nombre des produits verts, biologiques, équitables et ils pratiquent le recyclage, a constaté Fabien Durif, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM, et auteur de l’étude. Il faut traduire cet intérêt en passage à l’action, car quand il s’agit de transférer leurs valeurs dans la gestion de leurs finances personnelles, moins d’une personne sur trois va vers des épargnes socialement responsables.»

Un problème de notoriété

L’étude démontre, en effet, que 56,9 % des Québécois n’ont jamais entendu parler de l’ISR, tandis que 27 % connaissent l’expression, mais ne savent pas ce qu’elle signifie et qu’à peine 16 % des épargnants peuvent le décrire. Il n’est donc pas étonnant que seulement 8,5 % des Québécois aient investi leurs épargnes dans l’ISR.

«L’ISR manque de notoriété, de crédibilité et trop de conseillers financiers ne savent pas fournir une information de qualité, claire et transparente sur les produits. Ils en ignorent les impacts positifs pour la société», a ajouté Fabien Durif.

Il est d’avis que plus de publicité de la part des institutions financières et de l’Autorité des marchés financiers s’avérerait nécessaire.

Des chefs de file

Au Québec, c’est au Mouvement Desjardins que l’offre de fonds communs de placement ISR pour les particuliers est la mieux développée. Elle représentait 1,3 milliard $ d’actifs sous gestion en décembre 2013, soit une croissance de 402 % depuis 2009.

Ses portefeuilles SociéTerre performent bien. En décembre 2013, ils offraient respectivement des rendements sur cinq ans de 6,7 % (SociéTerre Sécuritaire boursier), de 7,8 % (SociéTerre Équilibré), de 9,3 % (SociéTerre Croissance) et de 10,6 % (SociéTerre Croissance Plus).

De son côté, Fondaction reconnaît que, de sondage en sondage, les petits épargnants réclament avec plus de vigueur que le Fonds d’investissement de la CSN place ses billes dans des entreprises socialement responsables.

«Ça nous a amenés à mettre de l’avant nos critères d’investissement, a expliqué Alain Vallières, directeur de la souscription. On publicise davantage les valeurs de société que nous soutenons lorsque nous incitons les travailleurs à l’épargne.»

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