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Brossard | Témoignage d'une victime

Le prédateur la remercie après l’avoir agressée

Mélanie, victime présumée du prédateur Eduard Stefan Georgescu,
photo Marc Pigeon Mélanie (nom fictif), victime présumée du prédateur Eduard Stefan Georgescu, le « Maniaque de Brossard ».

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«Merci, c’était très bon», aurait dit l’agresseur en tendant poliment la main à la femme qu’il venait d’attaquer à la pointe d’un couteau, dans une rue sombre de Brossard.

«Merci, c’était très bon», aurait dit l’agresseur en tendant poliment la main à la femme qu’il venait d’attaquer à la pointe d’un couteau, dans une rue sombre de Brossard.

«C’était tellement surréaliste», se souvient Mélanie (nom fictif), l’une des victimes présumées d’Eduard Stefan Georgescu, cet homme de 31 ans arrêté vendredi dernier et que l’on suspecte d’être le maniaque de Brossard.

Georgescu fait face à 32 accusations. On allègue qu’il a fait 11 victimes, âgées de 13 à 29 ans, entre 2010 et 2012, non loin du terminus Panama, à Brossard.

L’arrestation de Georgescu est un véritable baume pour Mélanie. Elle n’avait jamais repris l’autobus à Brossard, de soir, depuis l’agression dont elle a été victime.

«Brossard va redevenir sécuritaire», se réjouit-elle.

« t’offrir autre chose »

Le 6 juillet 2010, vers 23 h, la femme de 25 ans revenait d’une soirée passée au Festival de jazz quand elle a été prise par-derrière par un homme qui a placé un couteau sur sa gorge.

«Tu n’as pas beaucoup de temps pour réfléchir», dit celle qui a tout mis en œuvre pour éviter d’être violée par cet inconnu.

– Tu ferais mieux de ne pas me violer: je reviens d’un voyage, j’ai eu des relations non protégées et j’ai été infectée. Mais je peux t’offrir autre chose, lui a-t-elle dit à contrecœur.

– Qu’est-ce que tu proposes?

C’est à ce moment qu’elle lui a fait une fellation. Une agression qui n’a duré que 10 secondes, mais dont elle se souviendra toute sa vie.

Remerciée, félicitée

Mélanie se souvient encore qu’il a poussé l’audace jusqu’à la remercier, la féliciter, puis lui a tendu la main pour la saluer, avant de partir calmement.

Mélanie s’est alors précipitée chez elle, pour conserver précieusement l’ADN de l’agresseur. C’est d’ailleurs cet ADN qui a trahi Georgescu.

Frêle, calme, instruite et détenant une maîtrise universitaire, rien ne destinait Mélanie à être propulsée ainsi au rang de victime.

La jeune femme a beaucoup voyagé, étudié dans des pays étrangers. Durant tous ces séjours, ses parents s’inquiétaient de ce qui pouvait arriver à leur fille, là-bas.

Jamais ils ne se doutaient que c’est à 100 mètres de chez eux que le danger guettait.

Malgré les stigmates, Mélanie parvient aujourd’hui à mener une vie heureuse.

«Tu finis par être avec un gars avec qui tu es bien, dit-elle. Mais ton agresseur est souvent là, avec toi, dans ta tête, dans le lit. Et tu ne veux pas ça.»

 

 

 

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