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Justice

Incendies chez un promoteur véreux

L’homme d’affaires visé avait dirigé un projet de condos à Brossard qui n’a jamais abouti

Une résidence en construction de la rue Tommy-Douglas, à Côte-St-Luc
Photo d’archives Une résidence en construction de la rue Tommy-Douglas, à Côte-St-Luc, a été complètement détruite dimanche soir. L’incendie serait d’origine criminelle.

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Deux projets immobiliers qui ont brûlé coup sur coup en deux jours à Côte-St-Luc sont reliés à un promoteur controversé de la rive-sud criblé de dettes et accusé d’avoir tiré sur un de ses clients.

Deux projets immobiliers qui ont brûlé coup sur coup en deux jours à Côte-St-Luc sont reliés à un promoteur controversé de la rive-sud criblé de dettes et accusé d’avoir tiré sur un de ses clients.

Selon des informations obtenues par notre Bureau d’enquête, le promoteur qui dirigeait les deux projets est l’homme d’affaires Tyronne Candappa, de Brossard.

Un examen du registre foncier montre que les deux compagnies à numéro propriétaires des lots incendiés sont contrôlées par son frère, sa femme et son avocat.

Un sous-traitant, Jean-Sébastien Servant, du Groupe JSMD, a déclaré avoir fait directement affaire avec Candappa pour l’essentiel des travaux.

«Sa femme, je ne lui ai jamais parlé. Son frère, je lui ai peut-être parlé trois fois», a-t-il dit.

Une affiche qui fait la promotion d’un des deux projets donne d’ailleurs directement le numéro de téléphone de Tysel Construction, une compagnie de Candappa, et son numéro de téléphone cellulaire.

ÉPARGNANTS FLOUÉS

Tyronne Candappa avait fait l’objet d’un dossier dans le Journal de Montréal au début décembre.

Notre Bureau d’enquête avait découvert que l’homme d’affaires n’avait pas payé ses sous-traitants et ses clients dans un important projet de tour à condos à Brossard qui n’a jamais abouti.

Un registre des créanciers de KPMG daté de juillet 2013 montrait des dettes de 27,1 millions de dollars , sur des actifs d’à peine 3000 $.

Des condos ont même été vendus deux fois à des personnes différentes.

Un docteur, entre autres, Mohuniall Soowamber, disait avoir perdu 880 000 $ dans ses mains.

Candappa est aussi accusé au criminel d’avoir fait feu sur un de ses clients, Klifford Hercule.

Il a fait l’objet d’un reportage de l’émission J.E. en 2011.

EN FAILLITE

«Il me doit 300 000 $. On va faire faillite à cause de lui. On est tous sur les pilules au bureau», a dit Jean-Sébastien Servant. Selon lui, il ne fait aucun doute que les incendies sont d’origine criminelle.

«Est-ce que c’est lui qui a fait ça pour toucher les assurances? Est-ce que c’est des gens qui lui en veulent, je ne sais pas.»

Un porte-parole de la Régie du bâtiment, Pierre Lamothe, nous a dit qu’une des compagnies à numéro en cause dans un des projets n’avait pas de licence pour construire.

«Une entreprise sans licence qui réalise des travaux s’expose à des amendes entre 30 000 et 158 000 dollars», a-t-il dit.


Tyronne Candappa n’a pas répondu à nos appels.

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