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Hôpital de Verdun

Un hôpital carrément vétuste

La direction ne mâche pas ses mots et dénonce le piètre état des lieux, qui n’ont jamais été rénovés

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La direction de l’hôpital de Verdun monte au front et déplore l’inaction du gouvernement dans le dossier de la rénovation de l’établissement, qui est complètement vétuste.

La direction de l’hôpital de Verdun monte au front et déplore l’inaction du gouvernement dans le dossier de la rénovation de l’établissement, qui est complètement vétuste.

«On a atteint la limite de ce qu’on peut faire. L’hôpital est carrément désuet», dénonce Sonia Bélanger, la directrice générale.

Construit en 1932, l’établissement n’a jamais subi de transformation majeure. Seule l’urgence a été rénovée en 2004.

RARE VISITE

Hier, le Journal a eu droit en exclusivité à une rare visite d’hôpital en compagnie de la direction générale.

Résultats: des ascenseurs sont trop étroits pour les civières, des patients attendent debout en clinique externe (manque de chaises), et des escaliers n’ont pas de rampe d’accès pour les handicapés.

«Partout, on fait des miracles. Mais là, on est à court de miracles», commente Francine Trudeau, la directrice du programme de santé physique.

En 2004, l’hôpital a déposé un plan de 144 millions $ à l’Agence de la santé de Montréal, pour la rénovation complète et l’agrandissement de 37 % de l’établissement.

En 2010, le plan a été envoyé au ministère de la Santé. Et, depuis, rien ne bouge. Pourtant, trois ministres ont visité l’hôpital en 2013, dont le ministre de la Santé, Réjean Hébert.

« PAS UN TRIP MÉGALOMANE»

«On n’a aucune nouvelle, déplore Mme Bélanger. Mais on n’a pas un trip mégalomane, on n’est pas dans le luxe du tout! On veut donner des soins qui répondent aux normes.»

D’ailleurs, cette dernière croit que l’hôpital est victime de sa bonne gestion.

«On n’a pas de déficit, on offre de bons soins, on a fait nos devoirs. Mais le C.A. se demande à quoi ça sert d’atteindre des objectifs si on n’entend pas nos besoins de base», ajoute-t-elle.

Sur les unités de soins, souvent une seule toilette (sans lavabo ni douche) dessert quatre patients. En fait, 28 % des chambres comptent trois ou quatre lits.

«La prévention des infections est un vrai casse-tête», avoue Yves Desjardins, le directeur général adjoint.

PERTE DE TEMPS

Selon Francine Trudeau, les employés perdent un temps fou à se déplacer sur les unités, qui sont mal conçues.

«Plus les employés marchent, moins ils soignent», souligne-t-elle.

Pour l’instant, Mme Bélanger ne croit pas que la qualité des soins en subisse les contrecoups, mais «c’est limite».


Récemment, la découverte de moisissures a forcé l’interruption de travaux de construction de la nouvelle pharmacie.

L’hôpital de Verdun
en chiffres
1500
employés
26
civières à l’urgence
60 000
visites en clinique externe par année
503 000
dossiers d’archives
9 %
de chambres simples
42 %
de la clientèle est âgée de 75 ans et plus
28 %
de chambres comptent trois ou quatre lits

«
Lorsqu’on va à l’hôpital, c’est pour guérir. Et pour guérir, ça prend un minimum de conditions auxquelles nous ne pouvons plus répondre désormais. »
– Dr Jacques Jobin,
président du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens
«
Je suis stupéfait que dans une telle situation et devant une aussi importante mobilisation, nos demandes soient restées sans réponse. »
– Jean-Dominique Gervais,
président du C.A. de la fondation de l’hôpital
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