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Et si le Québec optait pour le jackpot du pot ?

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Le Québec, à l’instar du Colorado, devrait-il légaliser et contrôler le commerce du cannabis ? Je le sais, la question est polémique. Mais, le temps de cette chronique, oublions les joints de Justin Trudeau, oublions la droite, oublions la gauche. Oublions même que je ne suis pas de chez vous et que je ne suis pas un fumeur d’herbe. Oublions tout cela et parlons... argent.

Le Québec, à l’instar du Colorado, devrait-il légaliser et contrôler le commerce du cannabis ? Je le sais, la question est polémique. Mais, le temps de cette chronique, oublions les joints de Justin Trudeau, oublions la droite, oublions la gauche. Oublions même que je ne suis pas de chez vous et que je ne suis pas un fumeur d’herbe. Oublions tout cela et parlons... argent.

Il y a quelques jours, anticipant sur la date de remise de sa déclaration fiscale, le comté de Pueblo, au Colorado, a publié les chiffres de ventes générés par ses deux boutiques de marijuana.

Un million en un mois

Le total approche 1 million de dollars. Pour le mois de janvier seulement!

Un million qui, comme le souligne le président du comté, a été retiré du marché noir - largement contrôlé par le crime organisé - pour être injecté dans l’économie locale.

Ainsi, pour le comté de Pueblo - un des plus pauvres du Colorado avec un taux de chômage dépassant les 10% - ce sont 56 000 $ de taxes et 70 400 $ de frais de licence qui tombent directement dans les caisses publiques. Et qui seront utilisés pour payer des professeurs et ajouté des classes supplémentaires aux écoles.

À Pueblo, le jackpot du pot est la seule nouvelle source de rentrée fiscale du comté. Hier sceptiques, les officiels annoncent ouvertement leur volonté de «vendre plus d’herbe» et l’ouverture prochaine de dix nouvelles boutiques.

Et Pueblo est loin d’être une exception. Le même phénomène touche l’ensemble du Colorado, poussant le bureau du gouverneur à revoir franchement ses estimations à la hausse.

Ainsi, après les chiffres de janvier, on estime qu’en 2014, le commerce de l’herbe rapportera en taxes 134 millions de dollars à l’État. Dont près de 40 qui seront utilisés pour l’éducation et la santé.

L’État de Washington, le prochain à franchir le pas, estime que la vente de la marijuana devrait rapporter près de 200 millions de recettes fiscales annuelles supplémentaires.

Et le Québec dans tout çà ?

Selon les dernières données disponibles, entre 10 et 15% des Québécois de 15 ans et plus consomment du pot fréquemment et près de la moitié de la population en a fumé au moins une fois dans sa vie.

Un usage qui non seulement est effectué en dehors de tout contrôle de qualité, mais qui vient enrichir les trafiquants, dont les «revenus» se chiffrent en milliards de dollars.

Le Québec a une population légèrement supérieure à l’État de Washington ou à celui du Colorado. En y appliquant les mêmes règles fiscales, la vente légale de cannabis pourrait rapporter chaque année au moins 200 millions de dollars en taxes supplémentaires.

200 millions de dollars qui pourraient être investis dans l’enseignement, la recherche, la culture ou dans le système de santé, au lieu de garantir une existence dorée à quelques parrains.

Consommateur ou pas, cela ne vaudrait-il pas la peine d’oublier les joints de Justin Trudeau, la droite et la gauche pour y réfléchir sérieusement?

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