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Pont Mercier

Un autre pont en très mauvais état

Le plus récent rapport d’inspection, obtenu par le Journal, qualifie l’état de la structure de « médiocre »

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Même s'il a subi plusieurs travaux au cours des dernières années, le pont Honoré-Mercier est toujours en «médiocre» état et nécessite des réparations urgentes, révèlent les plus récents rapports d'inspection de cette structure, dont le Journal a obtenu copie.

Même s'il a subi plusieurs travaux au cours des dernières années, le pont Honoré-Mercier est toujours dans un état «médiocre» et nécessite des réparations urgentes, révèlent les plus récents rapports d'inspection de cette structure, dont le Journal a obtenu copie.

Les automobilistes qui ont enduré cinq ans de travaux ne sont pas au bout de leurs peines. Le remplacement complet du tablier des rampes d'accès du pont Mercier, effectué depuis 2008 à grand renfort de fermetures de voies, n'a pas suffi à réparer l'ouvrage, démontrent des documents en notre possession.

Ces rapports, qui n'ont jamais été rendus publics, ont été soumis le 20 décembre dernier à la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain inc (PJCCI), responsable de la structure. Ils concernent uniquement la portion fédérale du pont, qui inclut les rampes d'accès du côté de la Rive-Sud et la section qui permet de franchir la voie maritime du Saint-Laurent.

«Malgré l'amélioration importante de l'état général du pont à la suite du remplacement du tablier et aux réparations de la structure d'acier, force est de constater que l'état endommagé des sections restantes du tablier et des piles nécessite des interventions correctives à court terme», notent les ingénieurs de la firme EXP.

«Par conséquent, l'état général du pont est considéré comme médiocre», concluent-ils.

Nombreuses déficiences

Même après avoir subi une cure de jouvence de 66 M$ au niveau du tablier, plusieurs éléments du pont demeurent en piètre état, constate-t-on dans les documents, qui totalisent 765 pages.

«Certains éléments de treillis métalliques, de poutres maîtresses, du tablier et des piles sont considérés comme déficients», peut-on lire.

Parmi les éléments qui retiennent le plus l'attention, on compte plusieurs des immenses piles qui supportent les voies d'accès surélevées.

«La majorité des piles affichent un réseau de fissures polygonales important. Sur plusieurs, on note la présence de fissures verticales larges», ont constaté les responsables de l'inspection.

À réparer rapidement

Julien Houde, ingénieur à la retraite, a regardé sommairement les rapports. «La quantité de fissuration et les grandes fissures verticales, les traces de rouille, ça démontre que la rouille a commencé à attaquer les aciers principaux», dit-il.

L'ingénieur estime qu'à ce stade-ci, les automobilistes qui empruntent le pont ne sont pas en danger.

«On doit réparer assez rapidement pour éviter que la cage d'acier [des piles] continue à se corroder. Là, ça pourrait être dangereux? Oui, c'est sûr», nuance-t-il.

– Avec la collaboration de Caroline Pailliez


L'autre portion du pont Honoré-Mercier, entre la voie maritime et l'île de Montréal, appartient au gouvernement provincial. Son état est également préoccupant, comme en témoignent les fermetures d'urgence survenues au cours des dernières années. Le remplacement du tablier devait avoir lieu dès 2012, mais l'état du pont s'est avéré si critique que les plans ont dû être refaits et un contrat de 102 M$ déjà accordé au consortium Pommerleau, Dematthieu & Bard a été annulé.

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