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Dans les coulisses du Courrier Vinicole

Dans les coulisses du <i>Courrier Vinicole</i>

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Dans les coulisses du Courrier Vinicole
Vin plaisir
pour offrir ou se faire plaisir
Les Longeays 2011
Pouilly-Vinzelles,
Domaine Thibert,
13 %, France
Type: vin blanc
Code: 11891056
Prix: 26,15 $
 
Je n’allais pas partir sans vous parler de Bourgogne! Elle est devenue diablement chère et peut amener à invoquer tous les saints quand la qualité n’est pas à la hauteur des attentes. La situation n’est pas près de changer. La difficulté des derniers millésimes (2011-2012-2013) a fait plonger les rendements à l’hectare et avec eux, les quantités disponibles. Résultat : les prix sont à la hausse et la qualité pas toujours au rendez-vous. Il y a, bien sûr, d’innombrables exceptions dont ce superbe blanc de Pouilly-Vinzelles. Bien expressif, avec un boisé senti évoquant des tonalités de citron confit, de beurre, de pêche blanche, de crème fraîche, de menthe sauvage et une touche de kiwi accentuant le caractère exotique. Ample à l’attaque, le vin se montre beurré tout en présentant une bonne vivacité permettant de préserver l’équilibre. On pourrait lui reprocher de manquer d’élan en finale, mais il y a aussi une petite amertume qui ajoute au charme. Je vous gage une bouteille que vous serez incapable d’en prendre un seul verre! Autour de 13 degrés, il sera parfait avec le poulet au fenouil.
[ ★★★1/2 | $$$ ]
Les vins
Collaboration spéciale
Je ne compte plus les fois où j’ai lu ou entendu que le système d’attribution des vins du Courrier Vinicole (CV) de la SAQ est truqué.

Ce ne serait qu’une mise en scène servant à jeter de la poudre aux yeux, afin qu’un petit groupe de privilégiés et d’apparatchiks puisse se servir avant tout le monde.

Il faut savoir que les offres du Courrier Vinicole (CV) se multiplient autant que les vins présentés ne cessent d’impressionner. Les plus grands noms y sont et les prix sont habituellement intéressants. En revanche, les quantités sont petites, voire minimes, pour les vins les plus recherchés. Résultat : les amateurs se les arrachent. Pour faire face à la situation, la SAQ a instauré un système de loterie pour les vins dont la demande excède l’offre.

Pour en avoir le cœur net, je me suis rendu sur place pour vérifier comment tout ça fonctionnait. Un peu comme la firme Samson Bélair/Deloitte & Touche supervisant les tirages de Loto-Québec , j’ai voulu m’assurer que tout se faisait avec transparence et qu’on m’explique les zones « grises ».

Le matin du tirage des vins de Bourgogne 2011, Luc Rolland, des Services Signature, et Linda Bouchard, des relations de presse, m’ont présenté à l’analyste chargé d’effectuer le fameux tirage  . J’ai d’ailleurs choisi de taire son nom, histoire qu’il ne se retrouve pas enseveli d’enveloppes brunes...

Tout est anonyme. Que des chiffres que l’analyste «craque» dans un programme informatique s’articulant autour d’un protocole en quatre étapes : 1) paramétrage du nombre de bouteilles à attribuer par numéro de commande; 2) exécution préliminaire de l’attribution;

3) vérification des résultats et 4) exécution officielle. Jusqu’ici, rien d’excitant.

En revanche, le choix des paramètres l’est un peu plus. C’est le cas du nombre de bouteilles pour un produit que la SAQ choisit d’attribuer par commande. La décision est prise avant le tirage  . Elle dépend surtout de la quantité disponible, puis de la force de la demande et de la réputation du vin. Un peu comme on mouille son pouce pour calculer la force du vent; ce n’est pas précis, mais ça suffit aux vieux marins pour naviguer à bon port.

On arrive ainsi à comprendre l’attribution d’un seul exemplaire pour certains vins comme ceux de Romanée-Conti, et deux ou trois exemplaires pour d’autres. Mais ce n’est pas clair. Il est plus difficile d’expliquer (et d’accepter) qu’on puisse faire chou blanc pour l’obtention d’un vin et que d’autres arrivent à en récolter deux ou trois bouteilles. Ce fut le cas des hermitages 2010 de Chave offerts dans le CV de janvier dernier.

Pourquoi, dès que la demande dépasse l’offre, ne pas allouer une bouteille par commande et tenter ainsi de satisfaire un maximum de clients? La SAQ comprend bien la situation, mais souligne qu’elle veut aussi plaire aux amateurs qui aiment coucher en cave plusieurs exemplaires d’un vin afin de suivre son évolution dans le temps. Ça se défend.

Sachez enfin qu’il y a toujours moins de bouteilles disponibles que la quantité affichée dans le catalogue. La variation – 10 % à 12 % selon les cas – s’explique par la partie réservée aux détenteurs de permis (restaurants, bars), une autre pour la «réserve de sécurité» afin de pallier les bris de transport et de manutention, et une dernière servant aux dégustations.

Assez parlé du CV. Voici quelques vins sur lesquels j’ai accroché dernièrement.

Château Leret-Monpezat 2010, Cahors (18,65 $): Un cahors charnu au niveau du fruité et svelte par son acidité énergique et ses tanins mi-corsés  . Charmeur, il montre beaucoup de franchise et un côté hautement digeste, ce qui n’est pas toujours le cas pour les vins de cette région sur lesquels on peut parfois se casser les dents. Dégourdissez-le une vingtaine de minutes en carafe, avant de le servir avec une cuisse de canard confite. Bonheur assuré!
Taja Reserva 2009, Jumilia, Mahler-Besse (16,25 $): Ça sent le soleil ici et pas à peu près! Un rouge ibérique issu de monastrell, tempranillo et de cabernet-sauvignon aux parfums généreux de prune, de vanille, de résine, de clou de girofle et de confiture de fraise-rhubarbe. Sans être la plus profonde du monde, la bouche affiche une tenue irréprochable, un fruit mûr, des tanins ronds et une finale légèrement capiteuse en phase avec son origine solaire. Servir autour de 16 degrés avec un plateau de charcuteries.
Saveurs Oubliées 2011, Côtes du Roussillon Villages, Les Vignerons Catalans (9,95 $): Tel le prénom d’une femme qui a un jour tenu votre cœur dans ses mains, il est difficile d’oublier ce vin qui fait depuis longtemps partie du décor des produits réguliers de la SAQ. La version 2011, excellent millésime pour la région, est un assemblage dominé par le carignan et complété par la syrah et le grenache. Un rouge simple, léger, presque gouleyant, avec une touche épicée en finale qui le rend attachant. À ce prix, c’est impeccable! Placez-le 45 minutes au frigo et servez-le avec la pizza ou un quart dans la cuisse de poulet de votre rôtisseur préféré.
Scabi 2012, Sangiovese di Romagna, San Valentino (18,45$): De Romagne, en Italie, un rouge issu de la biodynamie qui se présente telle une fleur au printemps, avec son nez pétant de cerise et nuancé par des tonalités de résine, de poivre frais et de pivoine. C’est juteux, bien frais avec une matière serrée, légèrement granuleuse et une finale qui s’allonge de belle façon. Que ça peut être bon du sangiovese quand c’est bien fait! Il fera un malheur avec les pâtes aux aubergines, tomates, olives noires et copeaux de parmesan.
Château Leret-Monpezat 2010
Cahors,
12,5 %, France
Prix : 18,65 $
Code : 912865
[ ★★1/2 | $ $ 1/2 ]
Taja Reserva 2009
Mahler-Besse, Jumilia,
14,5 %, Espagne
Prix : 16,25 $
Code : 11474640
[ ★★1/2 | $ $ ]
Saveurs Oubliées 2011
Les Vignerons Catalans, Côtes du Roussillon Villages,
13,5 %, France
Prix : 9,95 $
Code : 448498
[ ★★ | $ ]
Scabi 2012
San Valentino, Sangiovese di Romagna,
14 %, Italie
Prix : 18,45 $
Code : 11019831
[ ★★★ | $ $ 1/2 ]
correct
★★
bon
★★★
très bon
★★★★
excellent
★★★★★
exceptionnel
Plus d’étoiles que de dollars : vaut largement son prix.
Autant d’étoiles que de dollars : vaut son prix.
Moins d’étoiles que de dollars : le vin est cher.
www.saq.com
514 254-2020
1 866 873-2020

Je ne compte plus les fois où j’ai lu ou entendu que le système d’attribution des vins du Courrier Vinicole (CV) de la SAQ est truqué.

 

Ce ne serait qu’une mise en scène servant à jeter de la poudre aux yeux, afin qu’un petit groupe de privilégiés et d’apparatchiks puisse se servir avant tout le monde.

Il faut savoir que les offres du Courrier Vinicole (CV) se multiplient autant que les vins présentés ne cessent d’impressionner. Les plus grands noms y sont et les prix sont habituellement intéressants. En revanche, les quantités sont petites, voire minimes, pour les vins les plus recherchés. Résultat : les amateurs se les arrachent. Pour faire face à la situation, la SAQ a instauré un système de loterie pour les vins dont la demande excède l’offre.

Pour en avoir le cœur net, je me suis rendu sur place pour vérifier comment tout ça fonctionnait. Un peu comme la firme Samson Bélair/Deloitte & Touche supervisant les tirages de Loto-Québec , j’ai voulu m’assurer que tout se faisait avec transparence et qu’on m’explique les zones « grises ».

Le matin du tirage des vins de Bourgogne 2011, Luc Rolland, des Services Signature, et Linda Bouchard, des relations de presse, m’ont présenté à l’analyste chargé d’effectuer le fameux tirage  . J’ai d’ailleurs choisi de taire son nom, histoire qu’il ne se retrouve pas enseveli d’enveloppes brunes...

Tout est anonyme. Que des chiffres que l’analyste «craque» dans un programme informatique s’articulant autour d’un protocole en quatre étapes : 1) paramétrage du nombre de bouteilles à attribuer par numéro de commande; 2) exécution préliminaire de l’attribution;

3) vérification des résultats et 4) exécution officielle. Jusqu’ici, rien d’excitant.

En revanche, le choix des paramètres l’est un peu plus. C’est le cas du nombre de bouteilles pour un produit que la SAQ choisit d’attribuer par commande. La décision est prise avant le tirage  . Elle dépend surtout de la quantité disponible, puis de la force de la demande et de la réputation du vin. Un peu comme on mouille son pouce pour calculer la force du vent; ce n’est pas précis, mais ça suffit aux vieux marins pour naviguer à bon port.

On arrive ainsi à comprendre l’attribution d’un seul exemplaire pour certains vins comme ceux de Romanée-Conti, et deux ou trois exemplaires pour d’autres. Mais ce n’est pas clair. Il est plus difficile d’expliquer (et d’accepter) qu’on puisse faire chou blanc pour l’obtention d’un vin et que d’autres arrivent à en récolter deux ou trois bouteilles. Ce fut le cas des hermitages 2010 de Chave offerts dans le CV de janvier dernier.

Pourquoi, dès que la demande dépasse l’offre, ne pas allouer une bouteille par commande et tenter ainsi de satisfaire un maximum de clients? La SAQ comprend bien la situation, mais souligne qu’elle veut aussi plaire aux amateurs qui aiment coucher en cave plusieurs exemplaires d’un vin afin de suivre son évolution dans le temps. Ça se défend.

Sachez enfin qu’il y a toujours moins de bouteilles disponibles que la quantité affichée dans le catalogue. La variation – 10 % à 12 % selon les cas – s’explique par la partie réservée aux détenteurs de permis (restaurants, bars), une autre pour la «réserve de sécurité» afin de pallier les bris de transport et de manutention, et une dernière servant aux dégustations.

Assez parlé du CV. Voici quelques vins sur lesquels j’ai accroché dernièrement.

Château Leret-Monpezat 2010, Cahors (18,65 $): Un cahors charnu au niveau du fruité et svelte par son acidité énergique et ses tanins mi-corsés  . Charmeur, il montre beaucoup de franchise et un côté hautement digeste, ce qui n’est pas toujours le cas pour les vins de cette région sur lesquels on peut parfois se casser les dents. Dégourdissez-le une vingtaine de minutes en carafe, avant de le servir avec une cuisse de canard confite. Bonheur assuré!

Taja Reserva 2009, Jumilia, Mahler-Besse (16,25 $): Ça sent le soleil ici et pas à peu près! Un rouge ibérique issu de monastrell, tempranillo et de cabernet-sauvignon aux parfums généreux de prune, de vanille, de résine, de clou de girofle et de confiture de fraise-rhubarbe. Sans être la plus profonde du monde, la bouche affiche une tenue irréprochable, un fruit mûr, des tanins ronds et une finale légèrement capiteuse en phase avec son origine solaire. Servir autour de 16 degrés avec un plateau de charcuteries.

Saveurs Oubliées 2011, Côtes du Roussillon Villages, Les Vignerons Catalans (9,95 $): Tel le prénom d’une femme qui a un jour tenu votre cœur dans ses mains, il est difficile d’oublier ce vin qui fait depuis longtemps partie du décor des produits réguliers de la SAQ. La version 2011, excellent millésime pour la région, est un assemblage dominé par le carignan et complété par la syrah et le grenache. Un rouge simple, léger, presque gouleyant, avec une touche épicée en finale qui le rend attachant. À ce prix, c’est impeccable! Placez-le 45 minutes au frigo et servez-le avec la pizza ou un quart dans la cuisse de poulet de votre rôtisseur préféré.

Scabi 2012, Sangiovese di Romagna, San Valentino (18,45$): De Romagne, en Italie, un rouge issu de la biodynamie qui se présente telle une fleur au printemps, avec son nez pétant de cerise et nuancé par des tonalités de résine, de poivre frais et de pivoine. C’est juteux, bien frais avec une matière serrée, légèrement granuleuse et une finale qui s’allonge de belle façon. Que ça peut être bon du sangiovese quand c’est bien fait! Il fera un malheur avec les pâtes aux aubergines, tomates, olives noires et copeaux de parmesan.

 

 

 

 

 

 

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