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Le mystère du Québec

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Quand l’électorat bouge de deux points au Canada anglais, c’est l’hystérie collective. Au Québec, quand il bouge de 10 points, on appelle cela une saute d’humeur. Ils sont fous ces Québécois.

Quand l’électorat bouge de deux points au Canada anglais, c’est l’hystérie collective. Au Québec, quand il bouge de 10 points, on appelle cela une saute d’humeur. Ils sont fous ces Québécois.

Lucien Bouchard en 1993, Mario Dumont en 2007, Jack Layton en 2011 et même François Legault en 2012 ont tous vécu ce moment magique où ils ont été transportés par la passion du peuple québécois.

LES DIX RÈGLES ÉLECTORALES

Je sonde les Québécois depuis près de trente ans et j’ai percé le secret du mystère du Québec.

1- Les Québécois veulent tomber en amour avec un des chefs. Parce que contrairement au Canada anglais, qui vote davantage pour le parti, nous on vote davantage pour la personne. Le Québec attend son Messie à chaque élection.

2- La tendance du début de campagne est souvent révélatrice. En 2012, encore une fois, notre premier sondage de la campagne reflétait exactement le résultat final. Une campagne électorale n’a souvent qu’un effet accélérateur sur l’opinion publique.
 
3- Les trois moments magiques. Le jour du déclenchement des élections, le débat et le dernier week-end sont les trois moments-clés de la campagne. S’il n’y a pas de gaffe majeure, le reste de la campagne ne sera qu’un bruit de fond.
 
4- Jamais un gouvernement n’a fait mieux que son taux de satisfaction. Depuis cinquante ans, le taux de satisfaction au début de la campagne est le niveau d’appui maximal que le gouvernement peut espérer obtenir.
 
5- La prime à l’urne. Les péquistes obtiennent moins qu’ils ne le pensent et c’est le contraire chez les libéraux. Robert Bourassa a inventé l’expression de la prime à l’urne pour expliquer la prime à la stabilité. La réalité c’est que les gens plus âgés votent davantage et ont toujours été majoritairement libéraux. Mais ce n’est plus vrai. Pour la première fois de son histoire, le PQ devance les libéraux chez les 45 ans et plus. Qui aura la prime de l’urne cette fois-ci?
 
6- Le député a peu d’impact sur son électorat. Habituellement, le député/candidat n’ira chercher qu’un maximum de 5% supplémentaire de la tendance générale à la condition qu’il soit très présent, très reconnu dans son milieu et qu’il se présente hors des grands centres. Mais ce 5% peut faire toute la différence.

7- Le vote est très régional. Quand l’aiguille bouge à la hausse ou à la baisse dans un comté, il aura le même mouvement dans le comté voisin. Les régions baromètres à surveiller sont celles de Laval, du Centre-du-Québec/Mauricie et de Québec.

8- Un électeur de plus en plus infidèle. Il y a un nouveau phénomène électoral : plus de 40% des électeurs attendent le dernier week-end pour confirmer leur choix et près de 5% feront leur choix dans l’isoloir. L’électeur est plus patient, moins militant et surtout plus sceptique.
 
9- Avec le cœur comme de raison. Une élection débute très souvent dans l’émotion pour se perdre dans les chiffres et se terminer dans la passion. Les électeurs sont d’abord pleins d’espoir et rationalisent leur choix jusqu’aux débats des chefs. Le dosage entre émotion et raison déterminera le taux de votation.
 
10- La tendance se maintient. Léger a été la firme de sondage la plus précise au Québec en 2012 et au cours des 25 dernières années, en moyenne. Mais il y a une règle majeure, ne vous fiez pas aux sondages réalisés par les firmes hors Québec, qui racontent des absurdités au Québec depuis trente ans.
 
Même si on peut prévoir les grandes tendances, il reste toujours une part de mystère et personne ne peut vraiment prédire le résultat final. Chaque élection est différente.

 Il n’y a pas seulement le mystère du Québec, mais aussi le mystère de Québec. Presque tous les gouvernements n’obtiennent la majorité des sièges qu’en obtenant un appui majoritaire dans la grande région de Québec.

Nous savons déjà qui va gagner avec quasi-certitude dans au moins 95 comtés au Québec, mais ce sont les 30 autres qui décideront de notre avenir.

Nous sommes prêts.

 

 

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