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Bande dessinée

Un parcours sans fausse note

Les Deuxièmes
photo Courtoisie Ed. Pow Pow

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En l’espace de quelques mois seulement, la jeune auteure montréalaise Zviane propose deux albums exceptionnels qui témoignent d’une virtuosité rare.

En l’espace de quelques mois seulement, la jeune auteure montréalaise Zviane propose deux albums exceptionnels qui témoignent d’une virtuosité rare.

Musicienne de formation et artiste de bande dessinée autodidacte, Zviane compte à son actif plus d’une dizaine d’albums, une vingtaine de fanzines et une demi-douzaine de participations à des ouvrages collectifs depuis ses débuts en 2004. Dès Le Point B, son premier album publié dans le cadre du concours de bande dessinée de la Librairie Monet en 2006, la dynamique artiste n’a cessé d’étonner le lectorat, faisant preuve d’une aisance dans différents genres et tons, sachant aussi bien nous faire rire que de nous arracher quelques larmes. Chaque projet est l’occasion pour elle d’explorer de nouveaux territoires, d’évoluer tant graphiquement que du point de vue narratif, toujours avec ce même enthousiasme et ce même talent qui la caractérisent.

LES DEUXIÈMES

Après L’Ostie D’chat, sympathique et populaire triptyque édité par l’éditeur européen Delcourt et réalisé à quatre mains avec Iris, Zviane nous est revenue l’automne dernier aux éditions PowPow avec un poignant récit intimiste, où deux amants flânent dans un chalet, alternant sessions musicales et ébats amoureux. Entre les deux, non-dits, maladresses et silences prennent le relais dans ce huis clos impeccablement mené. Les planches ont la précision de partitions musicales, le découpage est d’une extraordinaire fluidité, de sorte que le lecteur se voit le plus naturellement du monde aspiré dans ce petit bijou de récit. Un des titres clés de 2013, Les Deuxièmes est assurément le plus important de sa bibliographie.

Très peu d’auteurs locaux ont abordé le genre érotique, outre Julie Doucet, Jimmy Beaulieu, Jacques Boivin et Sylvie Rancourt. Zviane est maintenant du nombre.

LE BESTIAIRE DES FRUITS

D’abord lancé à compte d’auteur en 2011, Le Bestiaire des fruits a immédiatement séduit, s’étant d’ailleurs mérité le Prix Bédéys Indépendant 2011. La jeune femme y présentait ses escapades culinaires à la recherche des fruits exotiques inconnus, dont les Ramboutans, Mangoustans et kumquats sont autant de candidats aux formes, goût et parfums étranges. Chacune des trouvailles fait l’objet d’une évaluation selon le goût, l’aspect, la propreté et la commodité. Bien plus que ludique, ces courts et hilarants récits, d’abord publiés sur le web à partir de 2006, nous donnent à voir une artiste exaltée, imaginative, et dont le sens de la comédie est des plus affûtés.

Voilà que les éditions La Pastèque y ont vu l’opportunité d’intégrer cet haletant bestiaire dans leur nouvelle collection Pomélo, destinée à la publication d’ouvrages faussement pratique. Pour l’occasion, Zviane a entièrement redessiné l’album, le bonifiant au passage de nouveaux gags et de cinq nouveaux fruits. Et que dire de la remise de prix en fin d’album, question de célébrer le fruit ayant amassé le plus haut pointage, sinon qu’on y rit à gorge déployée. Une lecture festive pour le samouraï des fruits qui sommeille en vous.

Une des voix incontournables de sa génération, cette femme-orchestre présente un parcours sans fausse note. Cette conteuse née, qui ne cesse de nous éblouir à chaque livraison, est, heureusement pour nous lecteurs, hyperactive.

 

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