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830 millions$ en manque à gagner

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Photo Jean-François Desgagnés / Agence QMI Pauline Marois, à l'Assemblée nationale, le mercredi 12 février 2014.

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 À quelques jours du déclenchement des élections provinciales, le gouvernement Marois fait le plein de munitions pour convaincre les Québécois de lui donner un mandat majoritaire.

TVA Nouvelles a mis la main sur un rapport qu'il pourrait brandir en campagne électorale pour démontrer l'importance d'élire un parti qui défendra les intérêts de la province devant les conservateurs de Stephen Harper.

Le rapport, intitulé Les interventions fédérales dans le secteur de la santé et des services sociaux, de 2002 à 2013, révèle qu'Ottawa priverait Québec d'au moins 100 millions $ chaque année dans ce domaine. Au total, depuis dix ans, le manque à gagner dépasserait 830 millions $. Le document, coécrit par un ancien sous-ministre libéral du gouvernement Charest, avait été commandé en juin dernier par Alexandre Cloutier, le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Gouvernance souverainiste.

Les experts citent 37 exemples de programmes implantés au Québec par le fédéral, pour lesquels la province n'aurait pas reçu sa juste part. Selon Denis Lalumière et Pierre Malouin, du Fonds d'intégration pour les personnes handicapées, Québec aurait dû recevoir 18 millions $ supplémentaires depuis 2007.

Pour le financement du traitement de la toxicomanie, le manque à gagner s'élèverait à 20 millions $ depuis 2007 alors qu'on parle plutôt de 14 millions $ manquants pour le programme d'action communautaire sur le sida.

Aussi, depuis 10 ans, la province n'aurait pas reçu les 24 millions $ supplémentaires qu'elle attendait pour la lutte à l'itinérance. Le gouvernement Marois prétend qu'il est mieux outillé que le fédéral pour agir efficacement dans ce domaine. La ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse, Véronique Hivon, a d'ailleurs annoncé le lancement de la politique provinciale en la matière la semaine dernière.

Les auteurs du rapport estiment que le Québec a pourtant droit à cet argent, compte tenu de son poids démographique.

Un gouvernement pris en otage

Selon l'une des conclusions du rapport, le provincial serait pris en otage chaque fois que le fédéral met fin à un programme. Ils citent l'exemple du projet Chez soi, qui offrait un logement autonome, avec un supplément de loyer, ainsi qu'un encadrement clinique aux personnes avec des problèmes de santé mentale. Québec devra investir 2 millions $ en 2014 pour continuer de soutenir cette clientèle vulnérable.

«Ces interventions fédérales perturbent le fonctionnement et, surtout, la gouvernance du système de santé et de services sociaux du Québec. Nous sommes persuadés que la cohésion et l'efficience du système québécois seraient améliorées si le gouvernement fédéral se retirait de ce champ de compétence du Québec et transférait au gouvernement du Québec les ressources qu'il y consacre», indiquent les auteurs.

Les doublons chez les fonctionnaires fédéraux et provinciaux coûteraient cher aux Québécois. Le document fait état du nombre d'employés affectés à la gestion des interventions fédérales. Au ministère de la Santé et des Services sociaux, les postes de 26 personnes à temps complet correspondent à une dépense annuelle d'environ 2 millions $.
 

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