/news/society
Navigation
Société

Montréal a maintenant ses cafés mortels

Kit Racette organise des cafés mortels à Montréal.
Photos courtoisie Kit Racette organise des cafés mortels à Montréal.

Coup d'oeil sur cet article

Déjà largement répandus dans le monde, les cafés mortels ont récemment fait leur apparition à Montréal. Malgré leur nom, ces rencontres visant à dédramatiser un sujet tabou, la mort, constituent plutôt une célébration de la vie, nous dit leur instigatrice.

Déjà largement répandus dans le monde, les cafés mortels ont récemment fait leur apparition à Montréal. Malgré leur nom, ces rencontres visant à dédramatiser un sujet tabou, la mort, constituent plutôt une célébration de la vie, nous dit leur instigatrice.

«Ma fille est décédée subitement d’une surdose de médicaments, il y a sept ans, et c’est ce qui m’a menée à vouloir parler ouvertement de la mort, explique Kit Racette, organisatrice des cafés mortels à Montréal. La mort, c’est le dernier tabou qui existe encore dans notre société.»

Après le décès de sa fille Elizabeth, Mme Racette s’est vite rendu compte que personne ne voulait aborder avec elle ce sujet délicat. Et c’est pour faire tomber le tabou qu’elle a décidé d’importer dans la métropole québécoise une formule déjà éprouvée dans bien des villes de monde.

«Le fait de m’asseoir autour d’une table et de partager mon histoire avec d’autres personnes endeuillées m’a permis de cheminer énormément», explique l’éducatrice en deuil.

À travers les cafés mortels, Kit Racette veut aider les gens, endeuillés ou non, à comprendre qu’on ne vit pleinement que lorsqu’on réalise qu’on peut mourir demain.

«J’apprécie davantage la vie maintenant que je comprends que la mort est un passage obligé et que je n’en ai pas peur, confie-t-elle. Je dis plus souvent à mes proches que je les aime et je ne me prive de rien. C’est le secret pour être heureux.»

« L’expérience d’une vie »

Mme Racette, une anglophone, tient des cafés mortels depuis octobre dernier à Montréal. Elle a animé son premier atelier en français pour une dizaine de personnes, la semaine dernière, au Centre de santé Bel­Arôme, dans l’arrondissement Notre-Dame-de-Grâce.

«Je suis une adepte parce que ça me fait du bien de me sentir écoutée et que je me fais des nouveaux amis chaque fois», explique simplement Melissa Huysmans, une participante.

Ceux qui fréquentent les cafés mortels ne sont pas seulement des endeuillés. Certains souhaitent seulement faire tomber les tabous entourant la mort. D’autres sont sur le point de perdre un être cher et ces soirées de rencontre sont l’occasion de partager et d’exprimer leurs craintes.

«Mon père se bat contre le cancer et comme son temps est compté, il s’agit d’une opportunité pour moi de me préparer à sa mort et de vivre mon deuil de façon plus saine», mentionne une participante aux cafés mortels qui souhaite garder l’anonymat.

Parce qu’ils côtoient des malades, des employés d’hôpitaux ou de centres de personnes âgées assistent aussi régulièrement aux rassemblements.

«On en apprend beaucoup, admet Lisa Beaudry, préposée aux bénéficiaires. Ça nous permet d’être davantage prêts à aider les mourants et leurs proches. C’est le cas de le dire, c’est l’expérience d’une vie.»

Prochaines rencontres

Mme Racette animera un rassemblement en anglais le 26 mars prochain et un en français le 29 avril, au Centre holistique BelArôme de Montréal.

Son plus grand souhait: que le concept des cafés mortels continue de se répandre et de gagner en adeptes.

«Il ne faut pas que les gens aient peur de parler de la mort. Elle fait partie de la vie et la vie est belle», conclut Mme Racette en souriant.

Commentaires