/news/politics
Navigation
Vérificateur électoral

Vérificateur électoral: peut-on créer 250 000 emplois?

bloc situation travailleur emploi employé
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

L’économie québécoise peut-elle générer la création de 250 000 emplois en cinq ans? Le Parti libéral du Québec (PLQ) en a pris l’engagement jeudi matin, en présentant son équipe économique, à Montréal. Un geste inspiré des 100 000 emplois annoncés par Robert Bourassa, en 1970.

À première vue, la promesse libérale ne semble pas hors de portée. Le PLQ s’engage à créer en moyenne 50 000 emplois par année, ce qui s’apparente aux prévisions d’économistes du secteur privé.

En janvier, l’équipe économique de la Banque Laurentienne, dirigée par Carlos Leitao, maintenant candidat libéral, prévoyait la création de 47 000 emplois en 2014 et de 44 000 en 2015. Les prévisions de Desjardins, publiées le mois dernier, sont plus optimistes. Le mouvement coopératif table sur la création de 56 500 postes en 2014 et de 65 400, l’année suivante.

L’engagement du PLQ est cependant supérieur à la moyenne des dernières années. De 2003 à 2013, l’économie québécoise a généré en moyenne 41 230 emplois. Le sommet a été atteint en 2007, avec la création de 91 000 postes. La pire année a été 2009, alors que 32 000 emplois avaient été perdus pendant la récession.

«On va mettre en place des mesures pour accélérer la création d’emplois et soutenir la population active», a commenté Carlos Leitao, rencontré dans les studios d’Argent.

Le nouveau politicien forme le trio économique du PLQ avec Jacques Daoust et Martin Coiteux. M. Leitao a précisé qu’il faut créer des conditions propices à l’épanouissement des entreprises pour qu’elles parviennent à créer tous ces emplois.

Une promesse ambitieuse

Aux yeux de certains économistes, les libéraux ont pris un engagement ambitieux. «Il serait exceptionnel que l’économie québécoise crée autant d’emplois, car on prévoit que la population en âge de travailler va diminuer dans les prochaines années», a exprimé Jean-Michel Cousineau, économiste et président du comité des politiques publiques à l'ASDEQ. Selon M. Cousineau, le Québec devrait accueillir beaucoup plus d’immigrants pour parvenir à créer autant d’emplois.

Une lettre d’opinion, publiée en décembre par l’économiste Pierre Fortin, abonde dans le même sens. En éliminant l’effet de la reprise américaine, qui va alimenter vigoureusement la création d’emplois pour les deux prochaines années, l’économiste émérite de l’UQAM prévoit que la moyenne annuelle de création d’emplois sera de seulement 20 000 postes par année pour la période de 2014 à 2020.

Dans sa lettre, M. Fortin a expliqué que cette chute drastique sera provoquée par le recul de la population en âge de travailler, de 15 à 64 ans. Elle va chuter de 10 000 personnes par année, de 2014 à 2020, selon M. Fortin.

Carlos Leitao reconnaît que la création d’emplois chutera à 20 ou 25 000 postes par an si le gouvernement ne donne pas un coup de barre. «Il est possible d’y parvenir [NDLR: de créer 250 000 emplois en cinq ans] en haussant l’immigration, en utilisant mieux les immigrants qui vivent déjà au Québec, les ingénieurs qui conduisent des taxis, par exemple, et en incitant les 55 ans et plus à demeurer au travail», a dit M. Leitao.

Commentaires