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Devenu père malgré lui

Il paie une pension alimentaire à un enfant qu’il n’a jamais voulu

femme contraception
Photo d'archives

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Floué par son ex-conjointe, un Montréalais devenu père malgré lui n’en peut plus de se battre contre un système de justice qui «l’oblige à prendre soin d’un enfant qu’il ne voulait pas», en versant une pension alimentaire qui engloutit une bonne partie de son budget mensuel.

Floué par son ex-conjointe, un Montréalais devenu père malgré lui se bat contre le système de justice qui, selon lui, l’oblige à payer une pension alimentaire «pour un enfant qu’il n’a jamais voulu».

«Je me suis fait violer, rien de moins, affirme Jean (nom fictif). Ce qu’elle m’a fait, c’est criminel.»

Il y a trois ans, son ex-conjointe lui apprenait qu’elle était enceinte.

«Elle me disait qu’elle prenait la pilule, mais elle me mentait en pleine face, explique-t-il. Elle savait très bien que je ne voulais pas être père.»

Même après plusieurs discussions à ce sujet, son ex-petite amie refusait de se faire avorter. Après l’accouchement, elle l’a traîné en justice, réclamant une pension alimentaire.

«Pourtant, je lui ai répété plusieurs fois que je ne m’occuperais jamais de cet enfant-là», défend-il.

Jean a perdu sa cause devant les tribunaux et paie depuis deux ans une pension alimentaire pour sa fille.

« La même chose »

«Quand un homme met une fille enceinte contre son gré, elle peut se faire avorter ou prendre la pilule du lendemain, dit-il. Nous, on n’a pas d’autres choix que de subir la décision de la mère.»

Hier, le Néo-Écossais Craig Jaret Hutchinson a été déclaré coupable d’agression sexuelle par la Cour suprême du Canada, pour avoir troué ses condoms afin que sa partenaire tombe enceinte. Le tribunal a conclu que le sabotage des condoms constitue une fraude puisque sa partenaire, qui s’est fait avorter, n’était pas consentante.

Selon Me Julie Couture, avocate en droit criminel, la même décision aurait pu être rendue si un cas comme celui de Jean s’était rendu en Cour suprême.

«Si une femme arrête de prendre sa pilule sans le dire à son conjoint, elle vient de commettre une fraude et cela vicie le consentement. Mais est-ce suffisant pour dire qu’elle a commis une agression sexuelle?», se demande-t-elle.

Pour Rémi Gervais, juriste, la décision de la Cour suprême n’ouvre pas la porte à la condamnation pour agression sexuelle d’une femme, «parce qu’il doit avoir un risque de dommages physiques» pour en arriver à une telle conclusion. Dans la cause d’Hutchinson, les dommages physiques constituaient la grossesse non désirée et l’avortement qu’a subi sa partenaire.

Mis au courant de ce jugement de la Cour suprême, Jean a confié au Journal vouloir tenter sa chance en appel, quoiqu’encore un peu sceptique qu’il obtienne gain de cause.

«Je vois une toute petite lumière au bout du tunnel, dit-il. Ça m’encourage.»

 

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