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Les doutes persistent sur le pipeline d'Enbridge

CANADA/
Photo Mark Blinch / Reuters Un panneau indiqe la présence d'un pipeline à haute pression, sur le parcours de la canalisation 9B d'Enbridge, à Toronto.

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Même si l'Office national de l'énergie impose 30 conditions à l'inversion de la ligne 9B du pipeline d'Enbridge, qui approvisionnera dorénavant Montréal en pétrole de l'Ouest canadien, les inquiétudes sur la sécurité ne sont pas disparues.

Les réactions étaient nombreuses vendredi après le feu vert accordé à la pétrolière. Si plusieurs se réjouissent en ayant l'œil sur l'emploi, l'organisme militant écologique Équiterre soutient que les risques sont encore importants. Un déversement survenu à Kalamazoo (Michigan) en 2010 le démontrerait.

«Le pipeline dont nous parlons passe [près de] Toronto et traverse la rivière des Outaouais, affirme Sidney Ribaux, directeur général d'Équiterre. Advenant une rupture, il y a un risque de compromettre l'approvisionnement en eau potable de la Ville de Montréal. Quand le maire de Montréal dit qu'il n'est pas rassuré par les garanties financières […] je pense qu'il faut se poser de sérieuses questions.»

Denis Coderre a en effet demandé la mise en place d'un fonds de prévoyance par Enbridge en cas d'incident.

M. Ribaux affiche aussi des soucis quant à l'impact de la consommation accrue de pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta. «Les émissions de gaz à effet de serre ont doublé depuis 20 ans et on prévoit qu'elles doubleront encore avec l'augmentation de production prévue.»

Équiterre est convaincue que l'écart de prix d'environ 6,5 % qui favorise présentement le brut de l'Ouest ne saura durer.

«Nous croyons qu'à terme, le prix aura tendance à rejoindre celui du [Brent] sur le marché international, dit Sidney Ribaux. Est-ce que les raffineries feront une économie ? Si c'est le cas, ce sera une économie de court terme à un coût environnemental plus élevé que lorsque l'on utilise du pétrole conventionnel.»

Pas de chèque en blanc?

Enbridge a réagi en disant qu'elle n'a pas reçu de chèque en blanc et qu'elle fera ses devoirs pour prévenir les déversements.

«Ce que nous faisons va rassurer la population, affirme Éric Prud'homme, chef des affaires publiques pour l'est du Canada chez Enbridge. Nous avons évalué le pipeline, millimètre par millimètre, avec la plus haute technologie. Nous nous assurons que si des anomalies sont détectées, elles seront corrigées.»

«Nous terminons les travaux d'excavation préventive, poursuit-il. Vous pouvez voir cela comme une visite préventive chez le dentiste. Jusqu'ici, ce sont des travaux mineurs qui ont été faits.»

M. Prud'homme reconnaît que le risque zéro n'existe pas et il assure qu'Enbridge a les moyens financiers de réagir à tout incident. «La compagnie a une assurance de 685 millions $, une ligne de crédit de 300 millions $ à court terme. Nous sommes une des dix plus grandes compagnies au Canada, avec des actifs de plus de 40 milliards $. Enbridge a toujours fait face à la musique lorsqu'elle a été responsable d'un incident.»

Pour sa part, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a exigé dans un communiqué que des mesures rendent le projet acceptable socialement.

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