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FTQ-TUAC: 1, UPA: 0

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À partir du 11 mars prochain, la totalité des ouvriers agricoles du Québec pourra se syndiquer et ce, qu'ils travaillent sur une petite ferme ou une grande, qu'ils soient du Québec ou de l'étranger. C'est plus de 15 000 travailleurs agricoles qui pourront négocier des conditions de travail.

C'est le genre de nouvelle qui aurait dû faire du bruit, mais elle a été diffusée de façon laconique sur le site du Ministère du Travail la veille du déclenchement des élections. C'est d'autant plus surprenant considérant la tradition sociale-démocrate du PQ qui aurait dû normalement se réjouir d'une telle nouvelle. Mais est-ce que cette nouvelle en cache une autre?

Ce dossier en est un de tractation de haut vol et de jeu de coulisse. Le syndicat des Travailleurs et des travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) au Québec a travaillé depuis plus de 10 ans avec les travailleurs agricoles, surtout migrant, afin d'avoir le droit de les représenter. De l'autre côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fondation des entreprises en recrutement de main-d'œuvre agricole étrangère (FERME) se s'ont opposés aux démarches de syndicalisation des ouvriers agricoles en finançant la cause des fermes ciblées par des demandes d'accréditation.

Au final, le 11 mars 2013 dernier, la Cour Supérieure du Québec a invalidé une disposition du Code du travail qui limitait l'accès à la syndicalisation dans les fermes du Québec et donna ainsi raison au TUAC. C'est pourquoi nous verrons probablement dès cet été des travailleurs agricoles...syndiqués, avouez que ce sera plutôt cocasse fasse à leurs patrons...syndiqués.

Cette décision n'a pas fini de faire parler d'elle. La coulisse rapporte que la FTQ-TUAC a fait un lobby auprès du PQ afin qu'il se conforme à la décision de la cour supérieure, au grand dam d'un autre ami du PQ: l'UPA.

Assisterons-nous à une demande de convention collective? Mais entre qui et qui? Que fait-on des petites fermes? Les agriculteurs du Québec qui sont déjà les plus endettées d'Amérique du Nord peuvent-ils supporter des demandes d'augmentation de salaire? Cette décision soulève aussi celle du monopole de l'UPA car verra-t-on un pluralisme d'association pour  les travailleurs agricoles qui sera toutefois refusé à ceux qui les emploient?  Un dossier à suivre.

1 commentaire(s)

Serge Clement dit :
6 mars 2014 à 14 h 19 min

Faut toujours se rappeler que la syndicalisation a une raison. Si tous les patrons étaient des "chic types" aucun employé éprouverait le besoin de se munir d'un outil de protection. Mais hélas, ce n'est-pas le cas et surtout pour les travailleurs venant du Sud. (Mexique, etc) Plusieurs vivent une situation de chantage et d'abus. Donc............. la syndicalisation devient une nécessité pour ramener à l'ordre, les employeurs délinquants. Règle générale, le "bon patron" n'a rien a craindre car ses employés lui sont fidèles. C'est une réciprocité, rien de plus. En ce qui concer l'UPA, il est grand-temps que son règne dictatorial soit ébranlé.