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Gab Roy, pôvre victime ?

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Samedi, pour la Journée de la femme, le blogueur et soi-disant humoriste Gab Roy a offert gratuitement l’entrée de son «spectacle» de Joliette à toutes les femmes. À une seule condition: «Pour prouver votre féminité, vous devrez me montrer vos tétons à l'entrée», a-t-il écrit sur Facebook.

Samedi, pour la Journée de la femme, le blogueur et soi-disant humoriste Gab Roy a offert gratuitement l’entrée de son «spectacle» de Joliette à toutes les femmes. À une seule condition: «Pour prouver votre féminité, vous devrez me montrer vos tétons à l'entrée», a-t-il écrit sur Facebook.

Humour de mononcle, typique de Gabriel Roy.

Saut que dimanche, après que le Journal eut révélé à la une que Mariloup Wolfe le poursuivait pour 300 000 $, Gab Roy riait moins.

Et quand la salle où il devait se produire à Drummondville a annulé son spectacle à la dernière minute, il n’était pas content du tout. Il a même utilisé des majuscules sur son compte Facebook: «C'est pas le CALI…. DE JOURNAL DE MTL qui va décider où et quand je vais faire mes os… de shows.»

Mais Gab Roy peut se réjouir. Il n’est plus seul au monde. La Confrérie des travailleurs de l’humour s’est portée à sa défense. Parce que, voyez-vous, selon eux, Gab Roy est une innocente victime. Et ces vaillants défenseurs de la liberté d’expression sont prêts à le défendre!

LIBERTÉ D’EXPRESSION, VRAIMENT ?

En prenant connaissance de la poursuite de Mariloup Wolfe contre Gab Roy, on pouvait se douter que ses fans allaient le défendre. Mais comment imaginer que des humoristes, scripteurs, scénaristes d’émissions humoristiques allaient le dépeindre… en victime!

Mike Ward a écrit sur Twitter: «Mariloup Wolfe poursuit Gab Roy pour 300 K$ parce qu'elle a été humiliée, dénigrée, discréditée, ridiculisée... Gimme a fucking break. 300 000 $ pour un texte qui a été retiré 2 h après sa parution, damn... est payée cher de l'heure, la Mariloup.»

(Mike Ward a sûrement mal lu l’article: Mariloup Wolfe s’engage, si elle gagne, à donner les montants reçus à des organismes luttant contre la violence faite aux femmes).

Mike Ward en a rajouté par la suite: «Elle a été discréditée? Really? Le gars s'est excusé, il a retiré son texte, c'est en masse.»

(Mike Ward a sûrement mal lu l’article: la poursuite spécifie que malgré une mise en demeure le texte était encore disponible sur la page Facebook de Gab Roy).

Puis, sur son blogue, Mike Ward a précisé sa pensée: selon lui, Gab Roy a déjà suffisamment été puni en perdant des contrats et des commanditaires.

Ward a même laissé entendre que traîner un humoriste en Cour pour qu’un juge décide de ses écrits, c’était digne de la Corée du Nord. (C’est bizarre, moi je pensais que c’était au contraire un signe de démocratie, mais bon.).

DÉPASSER LES LIMITES

Je n’ai rien contre Mike Ward. Mais je ne comprends pas comment lui ou d’autres peuvent prendre la défense de Gab Roy.

Le texte écrit par le blogueur au sujet de la comédienne en octobre 2013 était tout simplement dégoûtant. Ordurier. Et absolument pas drôle.

Ce que prouve la poursuite de Mariloup Wolfe, c’est qu’on ne peut pas dire ce qu’on veut, sur qui on veut. Vient un moment où il faut payer le prix pour ses dérapages.

Des fantasmes de viol, il n’y a absolument rien de drôle là-dedans.

Ça ne passe pas. Ni au Québec. Ni en Corée du Nord.

 

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