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PKP : le retour de la grande coalition

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La rumeur circulait depuis des mois, mais on ne savait pas trop qu’en faire. PKP en politique ? Certains le souhaitaient, d’autres le craignaient. Mais qu’en savait-on ? Dimanche, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. PKP rejoint le Parti québécois. Il s’agit d’une nouvelle dont l’écho dépassera cette seule campagne électorale.

La rumeur circulait depuis des mois, mais on ne savait pas trop qu’en faire. PKP en politique ? Certains le souhaitaient, d’autres le craignaient. Mais qu’en savait-on ? Dimanche, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. PKP rejoint le Parti québécois. Il s’agit d’une nouvelle dont l’écho dépassera cette seule campagne électorale.

Il était beau à voir en disant vouloir «faire du Québec un pays». Cela avait l’air d’un cri longtemps refoulé. Depuis des années, il faisait publiquement des métaphores sur l’indépendance, sans jamais pouvoir se commettre. Les indépendantistes trépignaient, les fédéralistes prétendaient chaque fois qu’on l’avait mal compris. Maintenant, c’est clair.

PKP a souvent été caricaturé bêtement. Homme d’affaires, on l’enfermait dans la caricature d’un gestionnaire sans âme. On oubliait aisément sa contribution financière au monde des arts et des lettres. On devrait se rappeler qu’il existe des capitalistes enracinés, qui ne réduisent pas leur peuple à un réservoir de ressources humaines.

Importance historique

Mais cet engagement personnel a une importance historique pour le PQ. Trop longtemps, il a été confisqué par sa gauche, qu’elle soit syndicale, communautaire ou écologiste. Les souverainistes plus à droite n’étaient pas vraiment les bienvenus, à moins de se taire, de se faire discret. Avec l’arrivée de PKP, le PQ redevient clairement une coalition.

L’homme croit en l’entreprise privée sans renier l’État. Dans un parti qui recrute plus facilement à l’Union des artistes que dans les chambres de commerce, il apporte une crédibilité économique majeure, qui n’est pas celle, non plus, d’un économiste abscons en cabinet. Il incarnera désormais la possibilité, pour plusieurs, d’être souverainiste sans réciter le catéchisme social-démocrate.

Certains diront: tout cela est incompatible. Unir la gauche syndicale avec un homme d’affaires réputé pour l’avoir critiquée? La question va plus loin: comment tenir les carrés verts et les carrés rouges dans un même caucus? Comment tenir des laïcistes intransigeants et des nationalistes plus conservateurs, attachés à la continuité historique?

Un désir rassembleur

C’est ne pas comprendre la force profonde du nationalisme qui rassemble les hommes et les femmes d’un même pays au-delà de ce qui les divise. Le désir d’avoir enfin son propre pays est plus rassembleur que tout. Il touche les fibres les plus profondes d’un être humain: car nous ne sommes pleinement individus que lorsque nous devenons aussi citoyens. Un peu d’histoire suffirait pour nous éclairer: l’émancipation nationale n’appartient jamais à une idéologie particulière. Quand un peuple enclenche la marche vers la souveraineté, il ne saurait confier son destin aux tenants d’une seule idéologie. La gauche et la droite doivent relativiser leurs obsessions respectives en s’unissant pour l’essentiel: l’indépendance de la patrie. Évidemment, son arrivée fait frémir la gauche radicale qui loge chez Québec solidaire. Mais pour elle, la souveraineté n’est désirable que si elle est accrochée à un projet «de gauche» de tendance socialisante. Inversement, les fédéralistes paniquent: ils sentent que sa candidature pourrait contribuer à la renaissance souverainiste.

 
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