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Étude

Pour un système de santé mixte

L’Institut économique de Montréal prône un mélange public et privé

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Même si notre système de santé coûte de plus en plus cher, le délai d’attente pour voir un spécialiste a plus que doublé en vingt ans, rappelle une étude de l’Institut économique de Montréal qui recommande un système de santé mixte public et privé.

Même si notre système de santé coûte de plus en plus cher, le délai d’attente pour voir un spécialiste a plus que doublé en vingt ans, rappelle une étude de l’Institut économique de Montréal qui recommande un système de santé mixte public et privé.

Cinq heures d’attente. C’est le temps minimal qu’ont consacré 35 % des Québécois à l’urgence en 2013 et c’est aussi le pire score parmi les pays étudiés dans une enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund.

«La population semble résignée au long temps d’attente comme si c’était normal alors que notre système de santé est une anomalie», affirme Yanick Labrie, chercheur à l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Dans une étude qui vient d’être publiée, le chercheur s’appuie sur plus de 250 recherches portant sur les politiques de santé et des exemples de réformes à travers le monde. Sa conclusion: le Québec n’a plus d’excuse valable pour ne pas suivre l’exemple de la quasi-totalité des pays de l’OCDE qui ont instauré un système de santé mixte public et privé.

Peur du privé

«Le mot privé fait peur aux décideurs, c’est tabou, on le fuit comme la peste. Pourtant, si on s’inspire des pays qui ont adopté des modèles mixtes, on constate que les temps d’attente ont chuté», explique M. Labrie.

Selon lui, il faut tirer des leçons des expériences de l’Allemagne, de l’Angleterre, du Danemark, de la France et de l’Italie, des pays dont les systèmes de santé reposent sur le principe de l’universalité des soins.

«Je ne suggère pas de prendre de l’argent déjà existant, mais de financer les services grâce à l’assurance privée duplicative que les gens pourront se procurer alors que c’est présentement interdit puisque la RAMQ a le monopole», ajoute-t-il.

Six solutions

Le système de santé québécois coûte 90 % plus cher qu’il y a trente ans pour atteindre près de 4000 $ par habitant. Si le rythme de croissance actuel se maintient, il pourrait accaparer près de 70 % des dépenses budgétaires du gouvernement en 2030, écrit l’auteur de l’étude.

Le chercheur propose donc six idées concrètes pour réformer le système de santé au Québec. Il recommande de favoriser la liberté de choix des patients et la concurrence entre les prestataires de soins ainsi que la mise en place d’un véritable marché de l’hospitalisation privée. «Il faut également permettre aux médecins spécialistes de travailler dans les deux systèmes pour accroître l’offre», plaide Yanick Labrie.

Les hôpitaux devraient être financés en fonction des services rendus et la publication de leurs indicateurs de performance devrait être obligatoire, ajoute-t-il.

«Les Québécois sont parmi ceux qui paient le plus cher pour leurs soins de santé et qui ont le plus de difficulté à avoir des services, il y a un problème. Les gens en ont ras le bol», conclut-il.


L’étude complète de l’lEDM est disponible sur leur site.

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