/opinion
Navigation

Libre de jouer son avenir à 16 ans

Nous nous devons au Québec d’exprimer clairement des attentes plus élevées en ce qui a trait à la réussite scolaire de nos jeunes

Coup d'oeil sur cet article

Il est connu que lorsqu’un jeune abandonne l’école, les risques qu’il n’obtienne, dans un délai raisonnable, aucun des diplômes du secondaire sont très élevés. Pourtant, au Québec, un adolescent de 16 ans, voire même de 15, peut décider tout simplement de ne plus fréquenter l’école.

Il est connu que lorsqu’un jeune abandonne l’école, les risques qu’il n’obtienne, dans un délai raisonnable, aucun des diplômes du secondaire sont très élevés. Pourtant, au Québec, un adolescent de 16 ans, voire même de 15, peut décider tout simplement de ne plus fréquenter l’école.

Au Nouveau-Brunswick et en Ontario, entre autres, la fréquentation scolaire est pourtant exigée jusqu’à l’âge de 18 ans pour ceux qui ne sont pas diplômés. Ces exemples illustrent bien ce que l’on observe en Amérique du Nord.

(1) Les systèmes éducatifs ont tendance à augmenter l’âge de fréquentation obligatoire, 14 ans ou 16 ans étant perçus comme une exigence qui fait davantage référence au XIXe siècle (société agricole) qu’au XXIe siècle (société du savoir hautement technologique).

(2) On exige une plus grande responsabilisation des parents, qui doivent s’assurer que leur enfant fréquente l’école. Certaines sanctions existent même pour ceux qui ne se conforment pas à cette obligation.

(3) Plusieurs options de services éducatifs adaptés sont développées pour les adolescents qui vivent des difficultés et qui ont besoin d’aide: soutien, enseignement supplémentaire, programme d’enseignement alternatif.

Rehausser l’âge de fréquentation obligatoire permet à des élèves risquant de décrocher de poursuivre leurs études jusqu’à l’obtention d’un des diplômes du secondaire. Une analyse de l’impact d’une augmentation de l’âge de fréquentation obligatoire aux États-Unis en vient d’ailleurs à la conclusion suivante: «La hausse de l’âge autorisé pour quitter l’école peut représenter un moyen efficace et abordable d’améliorer la réussite éducative parmi les moins éduqués et d’augmenter par la suite leurs chances d’emploi et leur potentiel de revenu.»

Nous nous devons au Québec d’exprimer clairement des attentes plus élevées en ce qui a trait à la réussite scolaire de nos jeunes. Plusieurs n’ont-ils par regretté, devenus adultes, d’avoir quitté l’école sans diplôme et souhaité que les attentes de leurs parents aient été plus élevées? S’il faut être âgé de 18 ans pour acheter un billet de loterie, comment pouvons-nous, si nous croyons vraiment que l’éducation est fondamentale pour le développement des individus, permettre à des jeunes de 16 ou 17 ans de quitter l’école sans aucune forme de reconnaissance officielle?

Petite poussée

Thaler et Sunstein qualifient de «nudge» cette action de pousser quelqu’un du coude pour l’amener à faire quelque chose. En ce qui concerne la question qui nous intéresse ici, il me semble important que tous les jeunes doivent fréquenter «par défaut» un établissement scolaire jusqu’à 18 ans. S’ils veulent quitter plus tôt et sans diplôme, une demande officielle de dérogation devrait être présentée par leurs parents. Il s’agit de la petite poussée dont ont besoin certains jeunes et leurs parents.

Commentaires