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Délinquants sexuels

Délinquants sexuels près des écoles

Parents, élus et policiers interrogés par Le Journal avouent avoir à l’œil les individus reconnus coupables de crimes sexuels

Délinquants sexuels près des écoles

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À Montréal-Nord, six délinquants sexuels habitent à moins de 500 mètres d’un parc et de trois écoles. Une situation « inquiétante », qui n’est pas propre à ce secteur.

À Montréal-Nord, six délinquants sexuels habitent à moins de 500 mètres d’un parc et de trois écoles. Une situation « inquiétante », qui n’est pas propre à ce secteur.

Un simple coup d’œil sur la carte interactive de notre site web le démontre: plusieurs personnes reconnues coupables de crimes sexuels dans la dernière année résident tout près d’établissements scolaires, de terrains de jeux et de parcs.

«Ces personnes-là habitent à côté de chez nous, nos enfants croisent leur chemin chaque jour et je ne sais même pas qui ils sont. Ce n’est pas marqué dans leur face qu’ils sont des agresseurs», s’inquiète Micheline Cyr, dont la petite-fille Coraly fréquente l’école Jules-Vernes à Montréal-Nord.

Pas moins de six délinquants sexuels habitent dans un rayon de 500 mètres de cette école. Il y a aussi dans ce même périmètre la Gerald Mc Shane Elementary School, l’école secondaire Henri-Bourassa, le parc du même nom, un aréna et un centre communautaire.

Au moins deux de ces personnes coupables ont abusé d’enfants. Un est proxénète et un autre est coupable d’attentat à la pudeur. Parmi ces délinquants, un a d’ailleurs agressé une inconnue en pleine rue, alors qu’elle attendait l’autobus.

Pourtant, parents et enfants sont loin de se douter qu’ils ont comme voisins des prédateurs sexuels.

«On veut savoir. Il faut protéger nos enfants. Et se protéger nous aussi», a dit au Journal Stefania Étienne qui fait le trajet avec sa fille Tationna entre la maison et l’école matin, midi et soir.

Sentiment de sécurité

Même scénario à Longueuil, où deux prédateurs habitent à moins de 300 mètres de l’école secondaire Jacques-Rousseau et du parc Roussillon, dans lequel on retrouve des modules de jeux pour enfants. L’un a agressé un membre de sa famille. L’autre a été reconnu coupable de leurre d’enfants. Et il lui est d’ailleurs interdit de se retrouver dans un parc.

Mais comment faire pour le dénoncer s’il déroge à la loi puisqu’on ne sait même pas qui il est, s’indignent des parents rencontrés par Le Journal.

«Si la rue est ciblée, ce n’est pas rassurant. Il faut que ça se sache», a lancé Immaculé Nyandwi, dont l’enfant de trois ans a l’habitude de jouer dans le parc Roussillon, juste en face de chez elle.

Problème contrôlé

À la police de Montréal, on assure que le problème est sous contrôle, avec notamment deux enquêteurs qui travaillent à temps plein à la surveillance des délinquants sexuels en liberté.

À Granby, où il y a déjà eu des cas d’exhibitionnisme et où on a rapporté la présence de rôdeurs près d’établissements scolaires, la Commission scolaire du Val-des-Cerfs dit travailler «en étroite collaboration avec la police». L’école primaire St-André a notamment pour voisins... au moins deux hommes coupables d’actes sexuels dans la dernière année, dont un d’agression sexuelle. L’autre, qui habite juste en face de l’école, a été condamné pour actions indécentes.

 

L’ABC de ce reportage
Le Journal a recensé, durant une période d’un an, tous les dossiers où un individu a fait face à une accusation de nature sexuelle.
Tous les accusés qui ont dû se présenter au tribunal entre le 1er octobre 2012 et le 30 septembre 2013 pour des crimes de nature sexuelle ont été répertoriés par Le Journal.
Seuls les individus jugés coupables et ceux en attente de procès sont représentés sur la carte interactive de notre site web.
Nous avons volontairement limité les possibilités d’agrandissement de cette carte interactive, pour éviter que des accusés ou coupables des régions plus isolées ne soient ciblés ou identifiés.
Bien que nous détenions les noms et les adresses de tous ces accusés, nous avons préféré ne pas les divulguer.
Les endroits identifiés sur la carte sont les adresses figurant au dossier de la Cour lors de leur dernière présence devant le tribunal. La plupart d’entre eux ont l’obligation d’aviser la Cour de tout changement d’adresse.
Les dossiers de presque tout le Québec ont été compilés, soit pour une trentaine de districts judiciaires. Pour diverses raisons, les données des districts d’Arthabaska, Charlevoix, Pontiac, Témiscamingue et Campbell’s Bay n’ont toutefois pu être recensées. Pour les districts d’Abitibi et de Labelle, les données sont partielles.
Habitez-vous près d'un délinquant sexuel?
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