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L’analphabète qui savait compter

Haute tension en Afrique du sud

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Après l’immense succès de son tout premier roman, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire — un succès de librairie dans plus de 20 pays —, le journaliste suédois Jonas Jonasson s’intéresse à la géopolitique, aux tensions raciales en Afrique du Sud et au sort de l’humanité dans L’analphabète qui savait compter.

Son héroïne, Nombeko Mayeki, est née à Soweto pendant l’apartheid. Elle commence à travailler à cinq ans, devient orpheline à 10 ans et, à 15 ans, est renversée par une voiture. Nombeko aurait pu sombrer, dans l’indifférence générale, mais c’est une fille brillante qui sait compter même si elle ne sait pas lire.

Son intelligence la conduit loin de l’Afrique du Sud et la plonge dans les hautes sphères de la politique internationale, aux côtés de deux frères physiquement identiques, mais psychologiquement très différents.

De rencontre en rencontre, d’aventure en aventure, Nombeko se retrouve mêlée à une histoire où l’humanité tout entière est menacée.

Un conteur-né

Jonas Jonasson démontre un puissant talent de conteur dans ce roman terriblement accrocheur, superbement écrit et mené avec grande intelligence.

«J’écris depuis l’âge de 18 ans, mais toutes sortes d’événements ont retardé mes projets pendant trois décennies», commente-t-il en entrevue de sa résidence suédoise.

«Mon grand-père était un très grand conteur. Son père, né en 1859, était considéré comme le plus grand conteur de la région. Il y a quelques mois, ma mère Lily, qui est très âgée, m’a raconté que lorsqu’elle devait écrire de courts essais à l’école, c’était toujours son texte qui était choisi et qu’elle finissait par lire à haute voix. Je ne le savais pas! Je pense que j’ai ça dans le sang.»

L’Afrique du Sud

Jonas Jonasson voulait se pencher sur l’Afrique du Sud et sur l’apartheid dans son second livre.

«Deux des inventions les plus stupides de l’humanité se sont rencontrées en Afrique du Sud pendant les années 70 et 80: l’apartheid comme système politique et les armes de destruction massive. Stupide rencontre stupide, et je pensais que c’était un bon point de départ pour un roman.»
Aujourd’hui, l’écrivain est rempli à la fois de peur et d’espoir quant au futur de l’Afrique du Sud.

«C’est un pays auquel je suis très attaché. Mon meilleur ami et sa famille y vivent depuis plusieurs années. J’ai un filleul en Afrique du Sud. Ce n’est pas comme si j’avais choisi ce pays par hasard. Je m’y suis rendu à plusieurs reprises, ce qui fait que je peux décrire les townships sud-africains (NDLR: les zones urbaines). Aujourd’hui, ce qui s’y passe n’a rien à voir avec ce qui s’y déroulait il y a 30 ans.»

Les bombes

Jonas Jonasson n’a rien improvisé dans ses descriptions de l’Afrique du Sud. «J’y suis allé plusieurs fois et j’ai passé de longues nuits à discuter. J’ai lu beaucoup sur le sujet, bien sûr. Mais, en plus, il ne faut pas oublier que l’auteur a sa liberté. Par exemple, le centre Pelindaba, où les bombes étaient fabriquées dans mon livre, n’était pas unique. Mais je pense que pour être capable de changer la réalité pour servir la fiction, il faut connaître la vérité. Ils ont vraiment fabriqué six bombes, en Afrique du Sud. Six et demie, en fait, selon les documents.»

Par ailleurs, Jonasson a été extrêmement étonné de l’immense succès de son premier livre, vendu à un million d’exemplaires en France seulement.«J’étais en quête d’identité et, en voyant mon livre publié, je pouvais me considérer comme un auteur. Je voulais vendre au moins 3000 exemplaires, de façon à ce que mon éditeur me demande d’écrire un deuxième livre! Je pourrais donc rester un auteur. Le reste... c’est du bonus!»
Jonas Jonasson a connu un succès international avec Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

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