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La poussée de Pauline

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L’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois a créé une onde de choc pancanadienne. C’était d’ailleurs le premier objectif visé par cette annonce dimanche dernier ; frapper l’imaginaire collectif.

L’entrée en scène de Pierre Karl Péladeau au Parti québécois a créé une onde de choc pancanadienne. C’était d’ailleurs le premier objectif visé par cette annonce dimanche dernier ; frapper l’imaginaire collectif.

Le PQ avait évidemment une stratégie de communication pour entourer ce candidat imposant. Personnellement, j’ose à peine imaginer les centaines de sorties médiatiques et déclinaisons électorales qu’il est possible de réaliser en campagne avec un candidat d’une aussi grande qualité. Du bonbon lorsqu’on contrôle le message et l’ordre du jour.

Échapper le ballon

Mais depuis son appel pressant et senti à faire la souveraineté du Québec et son refus de réaliser qu’il est incompatible d’être actionnaire de contrôle d’un empire médiatique et à la fois élu à l’Assemblée nationale, le PQ a échappé son ordre du jour et le plan de match. Et il s’en est fallu de peu pour que Madame Marois s’enfarge littéralement dans l’article 1 de son programme en nous donnant son avis (!) sur la monnaie, les frontières, et la possibilité d’une double citoyenneté!

Traditionnellement, il n’a jamais été payant politiquement pour le Parti québécois de parler ouvertement d’indépendance en campagne électorale. Ainsi, les modalités, la question et la négociation qui suivrait avec le reste du Canada sont autant de maux de ventre à éviter pour un ou une candidate du Parti québécois. Mieux vaut alors se présenter comme un bon gouvernement et remettre à plus tard une telle discussion.

Tenter de reprendre le contrôle

Le PQ n’a d’autre choix que de reprendre rapidement le contrôle de sa campagne. Madame Marois devra d’ailleurs faire beaucoup plus que de «tasser» monsieur Péladeau comme elle l’a fait, sans élégance, lors d’un point de presse jeudi dernier. Je peux comprendre l’exaspération de la chef du PQ de voir le tapis se dérober sous ses pieds, mais l’image d’une chef qui perd le contrôle momentanément laisse des traces dans l’électorat. Pourtant, PKP ne devrait-il pas recevoir des félicitations pour avoir dit tout haut ce que tous les péquistes pressés pensent tout bas?

Pendant ce temps, rarement les partis d’opposition ont eu l’occasion si tôt dans une campagne de brandir le spectre d’un référendum imminent dans l’éventualité d’un gouvernement majoritaire du PQ. Cette situation aura permis au Parti libéral et son chef de bonifier les sorties médiatiques au cours d’une semaine qui se voulait une pédagogie tranquille, laissant peut-être sur leurs appétits, ceux qui sont pressés de voir le Québec administré avec plus de rigueur et de réalisme. En polarisant le débat sur l’axe fédéraliste-souverainiste, le PLQ peut toutefois espérer être reconnu comme le véhicule politique capable de mettre en échec le plan référendaire du PQ.

Car cette polarisation, faut-il le rappeler, rend le rayonnement d’une troisième voie politique très difficile. Lorsqu’il est question de référendum, tout devient secondaire empêchant ainsi la CAQ et QS de se faire entendre lorsqu’ils proposent des solutions audacieuses. Souhaitons que nous pourrons débattre d’enjeux, qui ne sont ni des hypothèses, ni des distractions, car les priorités sont devant nous. Quitte à se pousser un peu pour y arriver!

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