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Justice

Y en a-t-il un près de chez vous ?

Recherche: Diane Meilleur, Mélissa Castonguay et Jean Fortier

Carte Pedo

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«Chaque parent a le droit de savoir s’il y a un pédophile dangereux dans son quartier.»

«Chaque parent a le droit de savoir s’il y a un pédophile dangereux dans son quartier.»

En lançant le projet loi créant une base de données publiques des délinquants sexuels dangereux le mois dernier, le ministre fédéral de la Sécurité publique Steven Blaney indiquait clairement que la protection des familles passait notamment par le droit de savoir.

Y en a-t-il un dans votre voisinage?

Les Québécois pourront en avoir le cœur net: dans l’attente du registre fédéral, Le Journal présente aujourd’hui une carte interactive améliorée montrant les lieux de résidence des délinquants sexuels, accusés et coupables, qui ont défilé devant nos tribunaux, l’an dernier.

La compilation exclusive permet de voir, en quelques clics seulement, où résident les pédophiles, agresseurs sexuels, exhibitionnistes, voyeurs, proxénètes et prédateurs, allégués et coupables, dans presque toute la province. (Voir l’ABC du reportage, page 4.)

Les statistiques révélées par la carte interactive du Journal sont préoccupantes: chaque jour, au Québec, au moins trois accusés sont reconnus coupables de crimes sexuels. Et les trois quarts des dossiers qui ont connu un dénouement cette année se sont soldés par un verdict de culpabilité.

3 coupables par jour

C’est dans la région de Saguenay–Lac-Saint-Jean qu’on retrouve la plus grande concentration de délinquants sexuels coupables. Le district judiciaire de Roberval est champion en matière de crimes sexuels par rapport à sa population, avec un condamné par 2511 habitants. Les districts de Chicoutimi et d’Alma occupent les troisième et quatrième rangs.

À Montréal (1 sur 8795 habitants), la concentration de prédateurs sur le nombre d’habitants est plus faible qu’à Québec (1 sur 6318) et même Longueuil

(1 sur 5188). Par contre, on réalise qu’aucun arrondissement de la métropole n’est épargné en matière de crimes sexuels.

Plusieurs parcs, écoles et garderies sont des endroits près desquels des délinquants sexuels demeurent. (Voir textes en pages 4 et 5.)

Avec le registre fédéral à venir, «on donne justement un outil aux parents pour qu’ils puissent être mieux informés et sécurisés quant à l’avenir et la sécurité de leurs enfants», a ajouté le ministre Blaney.

Les sortir de l’anonymat

Pour Michel Surprenant, président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues et dont la fille Julie a vraisemblablement été enlevée et tuée, il est essentiel de sortir les prédateurs de l’anonymat pour éviter qu’ils ne sévissent à nouveau.

«Juste le fait que cette personne soit identifiée, il va se tenir tranquille. Il faut leur faire comprendre qu’on les a à l’œil.»

«C’est fini le temps où le risque était assumé strictement par la société, renchérit le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, dont la fille Julie a aussi été tuée par un agresseur sexuel. Il faut que le criminel assume. Et une des conséquences d’assumer, c’est que son nom soit rendu public».

 

les meilleurs districts

Terrebonne

Rimouski

Frontenac

Mingan

Laval

les pires districts

Roberval

Saint-Maurice

Chicoutimi

Alma

Richelieu

Habitez-vous près d'un délinquant sexuel?
Un travail titanesque
La réalisation de ce reportage a représenté pour nos recherchistes et journalistes une somme colossale de travail. Comme il n’existe aucun document, registre ou base de données, dans nos palais de justice, fournissant «clé-en-main» les informations nécessaires à ce reportage, toutes les données ont dû être recueillies et compilées, manuellement. C’est à partir de cette immense base de données concoctée par nos programmeurs que nous avons ensuite pu calculer et analyser ce lot d’informations. Notre équipe a mis plus d’un an à compiler le tout, en plus de quelques mois pour traiter l’information et faire les entrevues et le travail journalistique qui l’accompagnent. C’est avec une grande fierté que nous vous présentons aujourd’hui ce reportage interactif qui fut fort apprécié de nos lecteurs, lors de sa première édition, en septembre 2012.
– La Rédaction
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