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Colorado | Cannabis

Des coffres de billets verts

Les banques refusent l’argent du cannabis, ce qui cause des problèmes de sécurité

USA-MARIJUANA/BANKING
Photo reuters Les 181 boutiques de cannabis du Colorado rapportent des millions de dollars, mais elles ne peuvent pas traiter avec les grandes banques.

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DENVER | Le refus des grandes banques américaines de faire affaire avec les entreprises de cannabis au Colorado crée de sérieux problèmes de sécurité, alors que ce commerce est florissant depuis trois mois.

DENVER | Le refus des grandes banques américaines de faire affaire avec les entreprises de cannabis au Colorado crée de sérieux problèmes de sécurité, alors que ce commerce est florissant depuis trois mois.

Depuis le 1er janvier, jour où la vente au détail de cannabis a débuté au Colorado, il s’est vendu pour 14 M$ de marijuana dans l’État.

Toni Fox, propriétaire du 3D Cannabis Center à Denver, a fait 500 000 $ de ventes, et ce, même si sa boutique n’était ouverte que trois jours par semaine au début.

Comme la marijuana est encore illégale au niveau fédéral, les propriétaires de boutiques et les cultivateurs ne peuvent pas ouvrir de comptes bancaires et obtenir des prêts.

En espèces

Ils doivent gérer leur entreprise et payer leurs employés entièrement en espèces.

«Même les camions blindés refusent de venir collecter l’argent parce qu’ils sont protégés par des compagnies d’assurances fédérales», explique Toni Fox.

«Je dois demander à mes employés de transférer l’argent dans des voitures différentes, à des moments différents de la journée, et de prendre des trajets différents pour ne pas attirer les voleurs.»

Problème logistique

Mme Fox dit vivre dans la peur de se faire cambrioler. «Plusieurs femmes sont propriétaires de boutiques dans cette industrie. Nous devons avoir des gardes de sécurité 24 heures sur 24.»

«C’est le plus gros problème logistique en ce moment. Les boutiques accumulent des piles de billets verts et n’ont même pas assez d’espace dans leurs coffres-forts», dit Matt Brown, propriétaire d’une agence touristique spécialisée en cannabis, My 420 Tours.

Dans son cas, même si sa compagnie ne vend pas de cannabis, Paypall a récemment fermé son compte parce qu’il était associé de loin à la marijuana.

Le département du Trésor américain a récemment émis des directives pour les banques précisant qu’elles pouvaient travailler avec les entreprises liées à la marijuana.

Il semble que cela n’a rien changé. «Si vous appelez les banques, c’est encore non», dit Elan Nelson, employée de la plantation et boutique Medicine Man.

«C’est un problème, parce que ça compromet la sécurité du public. On transporte beaucoup d’argent. On sait qu’un drame va arriver, et on espère seulement que ça ne sera pas à un de nous», dit-elle.

Pour les membres de ce secteur d’activité, la solution réside dans la légalisation de la drogue à l’ensemble du pays.

«Il va falloir que le gouvernement fédéral reconnaisse que le cannabis est moins néfaste que l’alcool», affirme Mason Tvert porte-parole du Marijuana Policy Project.

En janvier dernier, Barack Obama a dit en entrevue au New Yorker: «Je ne pense pas que fumer du cannabis soit plus dangereux que l’alcool.»

«Son commentaire a provoqué un dialogue nécessaire, en espérant que ça continue», dit M. Tvert.


Jeudi dernier, une foire de l’emploi de l’industrie du cannabis a attiré 1240 personnes à Denver, 40 % des postulants venaient de l’extérieur de l’État.

 
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