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Malgré la loi, beaucoup de portiers n’ont pas de formation

nadbank, portier, Mike Brault,

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Quatre ans après son entrée en vigueur, la Loi sur la sécurité privée obligeant les portiers de bar à détenir un permis de travail est rarement respectée.

Quatre ans après son entrée en vigueur, la Loi sur la sécurité privée obligeant les portiers de bar à détenir un permis de travail est rarement respectée, malgré les risques de débordements dans l’industrie.

Un verre d’alcool renversé, un accrochage involontaire ou un client ivre suffisent parfois pour faire éclater une bagarre dans un bar.

Dans un espace bondé, les portiers doivent agir rapidement pour calmer les esprits en utilisant parfois la force pour expulser les indésirables. Chaque fois, la ligne est bien mince entre une intervention réussie et un dérapage aux conséquences dramatiques. La réglementation a été modernisée après la mort d’un adolescent de 17 ans, en 2010, à Brossard. À Québec, un incident survenu en 2005 au Liquor Store a également laissé de graves séquelles à un père de famille.

L’époque des videurs à gros bras a évolué, mais certains, plus agressifs, ne se gênent pas pour vous sortir à la première offense.

En infraction

Pourtant, à l’heure actuelle, les portiers sans permis ne sont pas dérangés par les autorités.

«Pour les bars, la loi est appliquée à partir du moment où il y a une dénonciation ou une plainte concernant un portier qui n’aurait pas son permis», ajoute Stéphane Bénard, directeur des enquêtes et inspections.

Malgré la volonté du gouvernement de mieux encadrer le métier, le Bureau de la sécurité privée passe plus de temps à délivrer des permis d’agent qu’à contrôler les travailleurs en infraction.

L’organisme ne bénéficie d’aucune subvention et doit s’autofinancer avec la délivrance des permis. Six inspecteurs surveillent les activités en sécurité privée.

«On s’assure que toutes les personnes qui travaillent dans le milieu n’ont pas d’antécédent criminel lié à leur emploi», dit Denis Lévesque, directeur général du Bureau de la sécurité privée.

Dispendieux

Pour obtenir le permis, les candidats doivent réussir un programme de gardiennage en sécurité privée d’au moins 70 heures de cours. Le coût de la formation tourne autour de 400$, plus le prix du permis lui-même. Souvent, l’investissement n’en vaut pas la chandelle puisqu’il s’agit d’un emploi temporaire.

«Le trois quarts des portiers de Québec perdent leur job si ça prend un permis», lance Mike Brault, portier depuis 25 ans.

De façon générale, le travail au noir semble très fréquent, alors qu’un portier gagne environ 15$ l’heure. «D’ici peu de temps, on espère que 90% des gens assujettis à la loi vont être en conformité. Est-ce que la loi est parfaite? Non. Mais c’est un bon premier pas», conclut M.Lévesque.

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