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Référendum à l’horizon

Deux Québécois sur trois ne veulent pas de référendum

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J’ai toujours pensé qu’un des problèmes des péquistes était qu’ils n’avaient pas le bon peuple...

J’ai toujours pensé qu’un des problèmes des péquistes était qu’ils n’avaient pas le bon peuple...

Ils se comportent comme si le Québec était apparu en 1960, avec la Révolution tranquille, sous-estimant l’enracinement des Québécois dans le pays qu’ils ont fondé. Bien des péquistes adhèrent à une stratégie volontariste, où il suffirait de parler davantage de la souveraineté, de la vouloir plus, pour qu’elle arrive.

Couillard maladroit

Toute une douche froide, le sondage CROP-La Presse d’hier montre une progression nette des libéraux, clairement attribuable au fait qu’un référendum sur la souveraineté est dans les cartes depuis l’arrivée de Pierre Karl Péladeau.

Deux Québécois sur trois ne veulent pas de référendum, alors que la même proportion est convaincue que le PQ en tiendra un s’il obtient un mandat majoritaire. LA nouvelle est qu’il est rationnel de croire cela.

Depuis 1976, les libéraux ont utilisé de façon souvent démagogique l’argument que les péquistes tiendraient un référendum si on les portait au pouvoir. Mais cette fois-ci, la tenue d’un référendum par un gouvernement péquiste majoritaire n’est pas seulement possible, elle apparaît presque probable.

La coalition souverainiste gauche-droite, qui est devenue excessivement large depuis l’arrivée de M. Péladeau, a pour seul ciment la réalisation de la souveraineté. Les militants apparaissent par ailleurs plus remotivés et pressés que jamais.

Dans ce contexte, un gouvernement majoritaire souverainiste qui ne tiendrait pas de référendum courrait le risque d’éclater.

Il fallait vraiment que Philippe Couillard soit maladroit pour ne pas avoir surfé le plus longtemps possible sur ce thème gagnant pour lui. De lui-même, le chef libéral a préféré passer rapidement à la reconnaissance de la spécificité québécoise au sein du Canada, pour renier cette position peu après.

Legault a raison

L’idée n’est pas de nier que la reconnaissance constitutionnelle que le Québec constitue une société distincte au Canada, serait capitale. Cela affecterait entre autres l’application au Québec de la Charte canadienne des droits et libertés, en partie adoptée pour minoriser les francophones chez eux.

L’idée n’est pas de nier non plus les avantages qui pourraient résulter d’une indépendance du Québec faite au bon moment et dans de bonnes conditions.

Mais le peuple québécois a plus de bon sens que ses élites, souverainistes comme fédéralistes. Il sent bien que le moment n’est pas bon pour l’une ou l’autre option. Il ne croit pas en l’indépendance d’un Québec vieillissant, endetté et déprimé, dans un monde de plus en plus dangereux.

Dans le débat de demain, François Legault devrait rappeler cette évidence que le timing n’est pas là, s’en tenant à l’économie et aux finances publiques, de même qu’à son compromis sur la charte.

Bénéficiera-t-il d’ici à l’élection de la sympathie que les Québécois réservent parfois aux underdogs? La nouvelle ferveur souverainiste manifestement contre-productrice dans la campagne électorale, jointe aux maladresses à répétition de M. Couillard, lui éviteront-ils l’enterrement de première classe que lui promettent tous les commentateurs?

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