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Cuba Différemment

Loin des plages, sur les sentiers de randonnée

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J’ai réussi à aller deux fois à Cuba sans voir une seule plage. Tour de force? Non, tout simplement en allant faire de la randonnée dans les montagnes au cœur de l’île. La nature à l’état pur, pas encore envahie par les touristes.

La majorité des Québécois vont en vacances à Cuba pour se reposer sur le bord de la mer et parce que le voyage ne coûte pas cher. Autre atout, plutôt méconnu: la beauté de la nature. Dans les sentiers des parcs nationaux que j’ai parcourus, j’avais parfois l’impression d’être parachutée au Costa Rica.

Cuba compte neuf parcs nationaux et six réserves de la biosphère, dont certains sont inscrits sur la liste du patrimoine de l’humanité de l’UNESCO. «Trois chaînes de montagnes principales traversent le pays, a indiqué Karen Puebla, adjointe administrative du Bureau de tourisme de Cuba au Canada. La Sierra de los Organos (à l’ouest de l’île), la Sierra de Escambray (ou massif de Guamuhaya, au centre de l’île) et la Sierra Maestra (sud-est de l’île) sont toutes les trois idéales pour pratiquer la randonnée pédestre, le trekking, l’ornithologie, le camping, le rafting, le canot, le zip lining (tyroliennes d’arbre en arbre), etc.»

Le Pico Turquino est le plus haut sommet de Cuba, dans la Sierra Maestra, culminant à 1974 mètres.

En plus de ces trois chaînes imposantes, il y a d’autres zones montagneuses tout aussi intéressantes à visiter. Voici deux beaux exemples:

Au centre de l’île, à Topes de Collantes

Au cœur de la chaîne de montagnes del Escambray, le sommet Topes de Collantes est le troisième plus haut pic de la réserve appelée Paysage naturel protégé Topes de Collantes, dans la province de Sancti Spiritus. L’aéroport le plus proche est à Santa Clara, dans la province de Villa Clara, où se trouvent les îlots Cayo Santa María et Ensenachos, très populaires pour les vacances à la plage. Notez qu’on peut faire une excursion d’un ou deux jours à Topes de Collantes à partir des hôtels de ces destinations balnéaires.

Comptez environ une heure de route entre Santa Clara et Topes de Collantes (77 km) où on peut loger dans des hôtels tels que Los Helechos et Villa Caburní à 20 km de la ville de Trinidad.

Rafael Rodríguez Rodríguez, directeur du marketing du complexe touristique de Topes de Collantes, explique qu’il est possible de réaliser un séjour dans le massif Guamuhaya où est enclavé le grand parc de Topes de Collantes en passant par des agences réceptives qui peuvent organiser des excursions d'une à cinq journées. Le voyagiste cubain Gaviota (www.gaviota-grupo.com) représente plusieurs de ces agences.

Elles offrent de l’hébergement dans des écogîtes, des chalets et autres types d’établissements agrotouristiques, par exemple à l’Hacienda Codina où l’on peut faire de l’équitation, en plus de prévoir les repas à base de produits frais locaux, comme à la Casa de la Gallega.

J’y avais mangé du poulet fermier, du porc, du riz et des légumes après une randonnée dans le sentier Centinelas del Río Melodioso parsemé de ruisseaux, cascades et chutes, dans le parc Guanayara. Durant ces excursions à Topes de Collantes, je logeais à l’hôtel Hanabanilla (hotelhanabanilla.com) sur le bord du lac du même nom, niché dans la Sierra del Escambray.

M. Rodríguez Rodríguez encourage les photographes amateurs à participer au troisième Concours international de photographie de la nature qui consiste en un séjour de cinq nuits, du 15 au 20 septembre 2014, dans le parc Topes de Collantes, et de deux nuits à La Havane. Il s’agira de prendre des photos dans les sentiers, en compagnie de guides (parfois en excursion nocturne), afin de capter des images dans trois catégories: paysage; flore et faune; homme et nature. Plusieurs prix sont attribués aux gagnants, dont un séjour dans un hôtel de plage à Cayo Santa María.

(www.gaviota-grupo.com/en/eventos/3rd-international-nature-photography-contest)

Dans l’est de l’île, Baracoa, dans la province de Guantánamo

Tristement connue pour sa prison américaine dans la baie de Guantánamo, la province du même nom possède énormément d'attraits naturels. Le massif de montagnes Nipe-Sagua-Baracoa domine la région, couvrant partiellement deux autres provinces (Holguín et Santiago de Cuba). Le pic El Gato domine cette chaîne de montagnes de ses 1181 mètres d’altitude.

Mon point de chute était la municipalité de Baracoa, première ville fondée par les Espagnols à Cuba en 1512. Je résidais à l’hôtel Gaviota El Castillo, dans l’enceinte de l’ancienne forteresse de Seboruco de Santa Barbara construite au XVIe siècle. L’hôtel de 34 chambres se trouve à seulement quelques kilomètres de l’aéroport de Baracoa, qui accueille de petits et moyens avions (mais pas de gros porteurs). À partir du Canada, les touristes internationaux arrivent plutôt par l’aéroport de Holguín, à 200 km, puis font environ 2 h 30 de route (transfert à planifier avec l’hôtel).

À visiter absolument à Baracoa: le parc national Alejandro de Humboldt, enclavé dans la Réserve de la Biosphère de Cuchillas del Toa. Aire protégée la plus vaste de Cuba, ce parc a été déclaré patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 2001. Il a été nommé en l’honneur du scientifique allemand Alexander Von Humboldt qui a répertorié les espèces animales et végétales cubaines durant ses expéditions en Amérique latine, à partir de 1799 (1800 et 1801 à Cuba).

Dans le parc, le sentier socioculturel du cacao est un intéressant parcours sur la culture de cette fève et de sa transformation en chocolat, animé par des gens qui nous montrent le processus de fabrication de la précieuse denrée. Selon Humboldt, «la fève de cacao est un phénomène que la nature n'a jamais répété; on n'a jamais trouvé autant de qualités réunies dans un aussi petit fruit».

Nous avons également fait un des cinq sentiers de ce parc. Le sentier del Recreo est un des plus faciles à parcourir: 3 km en 3 heures, incluant la pause baignade bien appréciée sous un soleil dardant à 32 degrés.

Nous sommes tombés sur un couple de colimaçons, les polymitas pictas colorés, une espèce endémique de la région de Baracoa, en train de copuler sur une branche. Il paraît que leur relation intime peut durer jusqu'à quatre heures, tout comme chez les hommes cubains, s'est empressé de dire notre guide. Ce qui a fait pouffer de rire une autre guide, qui parlait plutôt d'une demi-heure. On en apprend des choses, durant les excursions biologiques à Cuba.

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