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Cultiver le flou pour gagner

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Un débat des chefs n’est pas un exercice inutile. Cela nous permet de les écouter nous adresser la parole, sans filtre et sans mise en scène quotidienne. Dans ce contexte, l’image qui importe est celle que l’on reflète de soi-même à l’électorat. Pas de décors bucoliques ou de participants-figurants au soutien d’une promesse électorale. Une prestation en solitaire et sous pression.

Un débat des chefs n’est pas un exercice inutile. Cela nous permet de les écouter nous adresser la parole, sans filtre et sans mise en scène quotidienne. Dans ce contexte, l’image qui importe est celle que l’on reflète de soi-même à l’électorat. Pas de décors bucoliques ou de participants-figurants au soutien d’une promesse électorale. Une prestation en solitaire et sous pression.

C’est d’ailleurs pour cette raison que certains chefs appréhendent ces moments de solitude et d’inconnu. Malgré une préparation suffisante, nul ne sait à l’avance le résultat de cet exercice et qui aura réussi à marquer des points dans l’électorat.

Les mots, la prestance et la répartie lors des échanges comptent pour beaucoup lorsqu’il est question de convaincre. Mais ce n’est pas là le seul objectif.

Parfois, le contexte électoral exige que l’on corrige le tir ou que l’on recentre un message qui a littéralement fait déraper l’agenda. Les débats deviennent alors une excellente occasion de clarifier les choses puisque les chefs sont ainsi libérés du prisme des médias qui, de manière différente, relayent l’information.

À ce sujet, les remarques d’ouverture ont donné le ton. Mme Marois s’est empressée d’annoncer qu’il n’y aura pas de référendum dans un prochain mandat, du moins tant et aussi longtemps que les Québécois ne seront pas prêts à en tenir un. Ce faisant, plutôt que de clarifier ses intentions, elle a volontairement choisi de cultiver le flou.

Stratégie électoraliste

Pourtant, à une époque où le cynisme envers les politiciens atteint des sommets, cette attitude ambiguë a de quoi surprendre. La question nationale n’est pas une question secondaire, comme l’a bien rappelé Mme David qui, à l’inverse, a brillé de clarté sur ce sujet.

Comment ne pas y voir une stratégie électoraliste simpliste? Si tel est le cas, il y a matière à être inquiet. Dommage qu’aucun chef n’ait eu l’occasion de lui demander à quelles conditions les Québécois seront prêts à tenir un référendum si, aujourd’hui, plus du tiers des gens n’en veulent tout simplement pas. D’une stratégie électoraliste à une stratégie référendaire, il n’y a qu’un pas à franchir.

Faudra-t-il affaiblir le Québec? Le diviser? Favoriser la création de conflits au sein de la fédération canadienne?

Toutes ces questions se posent et il semble légitime de croire qu’elles sont parties prenantes d’une stratégie organisée. Si tel est le cas, ce n’est rien de moins qu’une insulte à notre intelligence collective.

La réalité reprend ses droits

Dans une démocratie, la réalité finit toujours par reprendre ses droits. On ne peut pas valser continuellement et se laisser porter en poussant sur le brouillard bien longtemps.

À titre d’exemple, tous sauf Mme Marois ont, lors du premier débat, convenu que la question identitaire a été créée de toutes pièces pour préparer un contexte électoral favorable au gouvernement sortant.

Nous serons à même de constater lors des prochains débats si le Parti québécois fera le pari de dire les choses telles qu’elles sont sur la question nationale à l’avenir, sans continuellement cultiver un flou politique qui ne tient plus.

 

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