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Confidentiel

Entrevue avec Sylvie Fréchette

Unis pour l'action
photo d'archives « On a tous un potentiel de vie fou à l’intérieur de soi »

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J’avais bien préparé ma liste de questions avant de discuter avec Sylvie Fréchette. Je ne pense pas m’y être référée pendant l’entrevue. Généreuse, allumée, positive, l’ancienne nageuse synchronisée parle de la vie avec tant d’enthousiasme que la conversation s’est ­articulée autour de la destinée et du ­dépassement de soi. Conversation vitaminée en ce début de printemps.

J’aime le quotidien, l’instant de vie, la nature morte et les oiseaux-mouches. C’est pour toutes ces raisons que j’aime tant faire de la photographie.

Ma grande fille m’a dit quelque chose de chouette récemment: «Toi maman, tu trouves toujours des ­solutions! Je veux être comme toi.» Cette phrase-là m’a ­beaucoup touchée.

J’adore donner des ­conférences. J’ai retrouvé le même type d’adrénaline que lorsque je faisais de la compétition. Je me plonge dans une bulle et avec les gens, nous rions, nous pleurons.

Je suis encore capable de faire des figures en nage ­synchronisée. Mon corps peut le faire, mais je dois faire ­attention parce que j’ai des hernies ­discales.

J’ai réalisé après ma carrière olympique que je ne pouvais pas me sortir la piscine du corps. J’ai accepté, c’est ma vie.

On a tous un potentiel de vie fou à l’intérieur de soi. Mais c’est notre parcours de vie qui fait en sorte que tout peut jaillir très fort.

Mon plus gros défaut, c’est que je m’occupe de tout le monde, mais pas beaucoup de moi. Cela me cause parfois de l’anxiété. Je dois me parler fort pour me mettre à l’horaire.

J’apprivoise ­lentement mon visage qui se ride et mon pli de bedaine (rire).

J’ai pleuré ­récemment en voyant la conférence de presse que j’avais donnée à la suite du suicide de mon amoureux (tout juste avant les Jeux de ­Barcelone en 1992). J’étais très impressionnée de me voir et d’entendre mes ­propos.

C’est très important pour moi de faire de la prévention du suicide. Ça fait 22 ans que Sylvain Lake (l’amoureux de Sylvie en 1992) s’est enlevé la vie. J’ai quelques fois des crises de larmes. Je ne comprendrai jamais. Je le vois encore certaines fois dans la foule. Je me demande de quoi il aurait l’air.

Ce n’est pas un choix que de ­s’enlever la vie.

Mon père est mort alors que j’avais trois ans. Je me demande aussi ce que c’est de dire papa.

Être un bon entraîneur, c’est être un immense coffre à ­outils humain ou les athlètes ­puisent ce dont ils ont besoin.

Je suis une hyperactive et j’ai toujours eu tendance à vouloir me ­dépasser.

Le club de nage synchro ­Neptune existe depuis quatre ans et nous faisons déjà ­partie de l’élite canadienne. Nous participerons aux championnats ­nationaux et nous espérons faire un top 10.

Lorsque je parle à mes athlètes de 13, 14, 15 ans, je leur demande: «Comment ça se passe avec ta famille, ton chum, tes amies?» J’essaie de les libérer des mousses de la vie pour qu’elles atteignent leur plein potentiel.

 

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