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La grande joute internationale

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Le monde est en effervescence ! Qui d’un président de république, qui d’un premier ministre se sont précipités multipliant les déclarations solennelles et les menaces à peine voilées contre Vladimir Poutine. Celui qui a confronté les pays de l’Ouest en intervenant en Crimée pour officiellement protéger la population russe majoritaire dans cette partie de l’Ukraine.

Le monde est en effervescence ! Qui d’un président de république, qui d’un premier ministre se sont précipités multipliant les déclarations solennelles et les menaces à peine voilées contre Vladimir Poutine. Celui qui a confronté les pays de l’Ouest en intervenant en Crimée pour officiellement protéger la population russe majoritaire dans cette partie de l’Ukraine.

Je ne remets évidemment pas en cause la gravité de cette décision par le président de la Russie, mais il faut mettre tout ça en perspective.

La réalité géopolitique de l’Europe est archiconnue. Le centre du continent a toujours été balloté d’un empire à l’autre, depuis le Haut Moyen Âge et ses invasions barbares jusqu’à l’ère soviétique en passant par l’Empire Ottoman et les troupes d’Adolf Hitler. L’Ukraine est un pays qui a à peine cent ans.

Son ouverture sur la mer Noire lui donne une position stratégique qui la rend vulnérable aux ambitions des grandes puissances. La fameuse bataille de Sébastopol en 1854-55 opposant la France et l’Angleterre contre la Russie n’est qu’un exemple de cette vulnérabilité.

La vraie patrie

La grande spécialiste de la Russie, Hélène Carrère d’Encausse, rencontrée à Paris, expliquait que les minorités russes d’Ukraine, de Géorgie, de Biélorussie, du Kazakhstan, de la Tchétchénie et de tous ces pays à majorité musulmane, anciens États de l’URSS, considèrent la Russie comme leur vraie patrie. De plus, Vladimir Poutine craint l’instabilité politique en Ukraine comme il la craignait en Tchétchénie et il n’hésitera pas à intervenir même ailleurs s’il y voit une menace à la stabilité de la Russie elle-même.

Pour le moment, la tension est forte et les solutions semblent inexistantes. Mais le besoin du gaz russe qui alimente l’Europe de l’Ouest, en particulier l’Allemagne; les intérêts des vendeurs d’armes français en Russie; les avoirs américains détenus par des financiers russes, vont bientôt ramener tout ce beau monde à la raison.

À ce moment, l’Ukraine risque d’être la victime d’un quelconque compromis dans lequel son indépendance ne pèsera pas très lourd. C’est toute son histoire qui s’est bâtie de cette façon. Comme celle, entre autres, de la Pologne, de la Hongrie, de la Roumanie, qui ont constamment servi de monnaie d’échange entre les empires français, britannique, russe allemand et ottoman. Encore une fois, c’est l’histoire qui se répète.

Innocentes victimes

Pendant ce temps, des adultes et des enfants meurent sous les bombes en Syrie et en Irak. Les camps de réfugiés débordent en Jordanie, en Turquie. La guerre civile menace le Liban. Certains pays d’Afrique sont à feu et à sang. Peu importe! Les causes humanitaires n’ont jamais fait le poids devant les intérêts des grandes puissances.

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