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Culture de dépendance

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Selon un sondage CROP récent, à peine 38 % des Québécois voteraient en faveur de l’indépendance du Québec. Lors du référendum de 1995, ils étaient 49,4 %.

Selon un sondage CROP récent, à peine 38 % des Québécois voteraient en faveur de l’indépendance du Québec. Lors du référendum de 1995, ils étaient 49,4 %.

Ces chiffres irritent profondément les souverainistes. On peut comprendre leur exaspération. On peut même partager leur déception. En revanche, le ton accusateur, arrogant et quelquefois carrément réprobateur que certains adoptent à l’égard de ceux qui caressent un autre rêve qu’eux est hautement condamnable.

D’abord parce que qualifier les fédéralistes de conquis et de lâches, et leur reprocher d’avoir «peur d’exister» ou de manquer d’audace est bêtement contre-productif. Recourir aux insultes est symptomatique d’un argumentaire creux et constitue le meilleur moyen d’écœurer les indécis. Ensuite, parce que ce n’est pas en attribuant l’impopularité de l’option souverainiste à une quelconque carence des opposants que la cause pourra avancer. L’heure est à l’autocritique.

L’État-Providence

Avec l’élection de Jean Lesage en 1960, le Québec a pris le virage de l’État-providence. Depuis, tous les gouvernements se sont vautrés dans l’interventionnisme. Problèmes d’argent? Le loyer est trop élevé? Envoyer son enfant à la garderie coûte cher? Papa veut passer quelques semaines avec son nouveau-né? Les affaires vont mal? Les entreprises investissent peu? La relève est absente? Le prix des médicaments augmente? Pas de souci, l’État va résoudre le problème!

Quelle que soit la difficulté, le réflexe est maintenant de demander à l’État d’agir. Plus que jamais, l’État est présenté comme la panacée universelle. Or, en intervenant de manière systématique, l’État déresponsabilise les Québécois et instaure une culture de dépendance et de soumission.

Québec lui-même donne le mauvais exemple en se battant pour obtenir toujours plus d’aide du Fédéral. Pour 2014-2015, c’est 19,6 milliards que Québec recevra au total d’Ottawa, soit l’équivalent des 2/3 du budget alloué à la Santé.

L’État-providence cultive une mentalité de victime. Surtout, en décourageant l’effort, il prive la majorité des Québécois de l’euphorie et de la fierté qui accompagnent le sentiment d’accomplissement. À force de répéter aux gens qu’ils sont trop faibles et fragiles pour se débrouiller par eux-mêmes, que hors de l’État point de salut, ils ont fini par perdre confiance en leurs capacités et par abdiquer une multitude de libertés au profit de la classe politique. Au nom de principes collectivistes, la souveraineté de l’individu a été étouffée, voire diabolisée.

Récolte

Or, en politique comme dans la vie, on récolte souvent ce que l’on sème. Les gouvernements ont érodé l’autonomie des Québécois pendant des décennies. Faut-il donc être surpris si le concept d’indépendance rebute maintenant 62 % de la population?

Le PQ veut la souveraineté? Il devrait alors: (1) cesser de dénigrer quiconque s’oppose au projet; (2) prêcher par l’exemple en s’affranchissant des subsides d’Ottawa; et (3) inculquer une culture de liberté, notamment en ayant des politiques qui respectent et qui valorisent la souveraineté de l’individu. Quand les Québécois prendront goût à la liberté individuelle, peut-être envisageront-ils de créer un Québec libre!

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