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C’est mal parti

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On comprend très bien les élus de Montréal d’être vexés comme des cocus d’avoir appris à la dernière minute que Québec va fermer deux bretelles majeures de l’échangeur Turcot à Montréal, une fermeture qui va créer un cauchemar dans les rues du sud et de l’ouest de la métropole.

On comprend très bien les élus de Montréal d’être vexés comme des cocus d’avoir appris à la dernière minute que Québec va fermer deux bretelles majeures de l’échangeur Turcot à Montréal, une fermeture qui va créer un cauchemar dans les rues du sud et de l’ouest de la métropole.

Dès lundi matin, les bretelles qui relient l’autoroute 15 Nord (venant du pont Champlain) à l’autoroute 20 (vers l’aéroport) et à la 720 (vers le centre-ville) seront fermées pour réparation, et ce, d’ici au mois de juin.

Ces travaux ne font pas proprement partie de la démolition-réfection de l’immense carrefour-spaghetti qui doit en principe débuter l’an prochain – ce sont des travaux d’entretien: on décape la chaussée, on retape le tout puis on repave…

Mais pas moins de 21 000 autos passent par là à chaque jour, et une proportion importante de ce flot emprunte les deux bretelles qu’on fermera la semaine prochaine. On imagine le cauchemar qui attend tout le monde qui passera par là à partir de lundi. Et on sait que ce ne sera que le prélude au vrai cauchemar qui nous attend quand la «vraie» démolition débutera.

Montréal proteste

On comprend M. Aref Salem d’être furieux d’avoir appris cette décision du ministère des Transports par voie de communiqué la semaine dernière: il est, après tout, le responsable des transports au comité exécutif de la ville de Montréal! «Ce n’est pas un champ de patates, c’est un échangeur en milieu urbain!» dit-il.

Et le maire de l’arrondissement NDG, Russell Copeman proteste. Lui, contre la route alternative proposée – sans consultation - par les ingénieurs du ministère des Transports: un détour de 5 km qui fera monter le trafic jusqu’à Côte St-Luc pour y faire demi-tour puis redescendre Décarie.

Mais il ne faudrait pas dramatiser: ce n’est pas tout le monde qui ira faire ce détour par chez M. Copeman, évidemment. Les gens qui connaissent la ville sortiront à La Vérendrye pour aller rejoindre la 20 Ouest via Angrignon, ou sortiront à Atwater pour gagner la 720 Est par l’avenue Greene, ou suivront plutôt Bonaventure jusqu’au centre-ville.

Mauvaise coordination

Mais quand même: à la veille de travaux qui créeront une telle pagaille pendant des années, il est intolérable que bureaucrates et politiciens de diverses juridictions soient encore incapables de se parler et de coordonner les travaux – de bretelles, d’aqueducs, de ponts – qu’ils semblent concocter chacun de leur côté, jaloux de leurs secrets et de leur pouvoir.

Les protestations de M. Salem et M. Copeman s’inscrivent dans la foulée des dénonciations du maire Coderre du paternalisme de Québec et d’Ottawa, lui qui exige que Montréal soit consultée et entendue lors de la planification d’ouvrages de cette envergure. En attendant, pour éviter les bouchons, le MTQ a promis, en mars dernier, des «mesures d’atténuation» des inconvénients. Entre autres, la construction d’une gare temporaire et d’un stationnement incitatif à Lachine, l’augmentation des trains sur les lignes de l’ouest, et un stationnement pour les autocars en ville.

Mais, devinez quoi? La ville dit n’en avoir pas entendu parler depuis ce temps-là… C’est bien mal parti, tout ça…

 

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