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Création d’une agence québécoise pour la solidarité internationale

La politique étrangère fait partie de l’identité d’une nation

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Cette idée a été lancée publiquement en 2010, dans le magazine L'actualité. Aujourd’hui elle se retrouve dans la plateforme électorale du Parti québécois.

Cette idée a été lancée publiquement en 2010, dans le magazine L'actualité. Aujourd’hui elle se retrouve dans la plateforme électorale du Parti québécois.

Les orientations adoptées par Ottawa en matière d’aide au développement ont plongé le milieu de la coopération québécoise dans une grande incertitude. Comme le révèle une récente étude du chercheur de l’Université de Montréal Paul Cliche: 41 % des ONG québécoises se retrouvent aujourd’hui en bien mauvais état au plan financier et organisationnel, et avec leur capacité de soutien aux partenaires du sud grandement affaiblie.

Pour l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), toutes les mesures imposées par Ottawa mettent en péril le modèle de coopération québécois, un modèle fondé «sur la construction de rapports plus justes et plus solidaires entre les peuples», fruit de plus de 40 années de présence québécoise sur le terrain.

Devant un avenir si sombre, il est impératif pour le Québec de se doter sans tarder de sa propre agence d’aide au développement en récupérant les sommes nécessaires d’Ottawa. Ce qui n’est pas impensable dans un régime fédéral puisque la Belgique l’a fait. Voilà pourquoi il est réjouissant de constater qu’un grand pas a été franchi en ce sens avec le dépôt, le 24 février dernier, du rapport unanime du Comité sur la création d’une agence québécoise de solidarité internationale. On y recommande de créer une agence québécoise de solidarité internationale et de munir le Québec d’une politique de solidarité internationale.

Préserver l’expertise québécoise

Mis sur pied à l’initiative du ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, le comité a conclu, après une vaste consultation, qu’il était urgent de préserver l’expertise québécoise et d’en faire la promotion en fonction des besoins des partenaires du sud. Il propose, par exemple, de consolider et de renforcer les actions de coopération internationale du Québec dans des domaines où il est déjà très actif et où il jouit d’une notoriété mondiale, entre autres: l’éducation et la formation professionnelle, le secteur coopératif, l’économie sociale, les droits de la personne, l’agriculture, la santé, le développement durable. Le comité souligne également que, doté de sa propre agence, le Québec pourra contribuer à la réflexion sur les grands enjeux du moment que ce soit la souveraineté alimentaire, la reconstruction d’Haïti ou l’agenda post-2015.

La francophonie

La prochaine étape sera de se doter d’une réelle stratégie vis-à-vis la Francophonie. Car voilà un forum multilatéral qui réunit plus de 70 pays, le seul où nous avons les coudées franches, où nous pouvons agir en toute liberté. L’Afrique qui deviendra bientôt un continent de 700 millions d’habitants, un continent où déjà certains pays émergent économiquement, où les Chinois, notamment, sont de plus en plus présents, devrait nous inspirer une politique tous azimuts, au-delà de la coopération internationale, qui sera certainement fort bien reçue par nos partenaires africains. La politique étrangère fait partie de l’identité d’une nation, il serait bon de se le rappeler pendant cette campagne.

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