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L’ABC des bonnes manières

Dans l'escalier : après vous? Pas du tout ?

Dans l'escalier : après vous? Pas du tout ?

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Plusieurs des codes qui règlent les façons de faire datent de temps bien anciens. Le comportement dans l’escalier en fait partie et pour comprendre le pourquoi du comment, il faut remonter au temps des brigands et de l’extrême pudeur.

Plusieurs des codes qui règlent les façons de faire datent de temps bien anciens. Le comportement dans l’escalier en fait partie et pour comprendre le pourquoi du comment, il faut remonter au temps des brigands et de l’extrême pudeur.

Juliette descend ? Messieurs, passez devant et imaginez-vous en preux chevalier! Sortez l’épée et préparez-vous à abattre les branches qui entraveraient la marche de celle qui vous suit. Soyez prêt à combattre d’autres chevaliers ou de simples brigands. Voilà pourquoi, au XXIe siècle, vous précédez Juliette dans l’escalier de service.

Juliette a peur de tomber ? Chevaleresque encore, vous prenez son bras ou son coude et le tenez doucement, mais fermement. Car on vous a appris que l’escalier n’est rien d’autre qu’un sentier qui monte ou descend selon le bout où on le prenne. Grâce à vous, la Juliette que vous escortez survivra à la descente. Cette prévenance risquant d’être mal interprétée, voilà pourquoi, au XXIe siècle, Juliette s’agrippe à la rampe, ou main courante, dans l’escalier du métro.

Juliette est tombée ? Si, malgré ce qui précède, vous passez en courant devant Juliette, la faisant sursauter en provoquant sa chute, ne blâmez que vous si elle déboule et vous assomme en passant. Elle a appris que, dans un escalier, votre corps doit rendre sa chute moins pénible! Voilà pourquoi, au XXIe siècle, il est encore permis de précéder Juliette quand elle descend l’escalier du Ritz.

Juliette monte l’escalier. La coutume qui impose aux hommes de précéder une femme dans l’escalier ou de l’accompagner, quand elle monte, est associée à la pudeur des femmes. Pudeur, parce que, à l’époque où elles devaient relever jupes et jupons pour grimper les marches, les hommes ne devaient pas voir leurs pieds et leurs chevilles. Voilà pourquoi, au XXIe siècle, Juliette déteste qu’un homme puisse jauger son corps quand elle monte un escalier.

Dans l’escalier comme sur la route. Emprunter un escalier exige prudence et concentration. On y reproduit les bases de la circulation routière: on les monte en gardant la droite; on les descend en gardant la gauche. On se méfie des gens pressés que l’on accommode en dégageant la «voie» de gauche. Tenir la rampe est facultatif mais, dans un escalier mécanique, il est conseillé et parfois même obligatoire, de la tenir. Prudence devant un escalator en panne: les marches sont plus hautes qu’il n’y paraît.

- Avec la collaboration de Marie-Diane Faucher

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