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La deuxième Conquête

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Même si Couillard gagne et signe la constitution de 1982 pour nous «provincialiser» à mort, même si le Québec renonce à son identité, même si le français disparaît, nous allons quand même demeurer des objets de mépris pour le reste du Canada. Oui, le Québec bashing est une valeur sûre. Je prédis même qu’il va s’aggraver en cas de victoire libérale parce que c’est notre faiblesse, depuis toujours, qui excite le mépris.

Même si Couillard gagne et signe la constitution de 1982 pour nous «provincialiser» à mort, même si le Québec renonce à son identité, même si le français disparaît, nous allons quand même demeurer des objets de mépris pour le reste du Canada. Oui, le Québec bashing est une valeur sûre. Je prédis même qu’il va s’aggraver en cas de victoire libérale parce que c’est notre faiblesse, depuis toujours, qui excite le mépris.

À voir tous ces culottés de McGill, ces faux résidents dont la véritable adresse est à Toronto et qui ont certainement le cœur à Ottawa même s’ils ont les pieds ici pour profiter de nos universités moins chères que chez eux, nous nous souvenons de 1995. Ces faux patriotes qui veulent nous faire croire qu’ils veulent exercer leur «droit démocratique» ne sont que des petits mercenaires qui viennent répéter les abus du dernier référendum. Souvenez-vous de ces gens qui avaient volé le référendum en nous disant au préalable, avec des avions dans les airs et avec une foule immense au carré Dominion, qu’ils nous aimaient, tout en ne cessant pas d’activer la machine du Quebec bashing; et ce, même sous la gouverne de Jean Charest.

Radio poubelle

Mais ces Ontariens ou Saskatchewanais qui se croient permis d’intervenir dans les affaires du Québec, qui n’est pour eux qu’une province comme les autres, une province délinquante à normaliser, une province dont la culture est un folklore, n’ont pas de meilleurs amis que ces grandes gueules de la radio poubelle, des gens d’ici, des «gens du pays» qui vomissent tellement les privilèges des fonctionnaires qu’ils rejettent non seulement l’État, mais aussi le pays, la nation et l’identité qui viennent avec. C’est un bizarre de «populisme», celui qui apprend à un peuple à se mépriser lui-même. Voilà pourquoi on ne m’entendra jamais sur les ondes de Radio X. Rapetisser les miens en encourageant leur inculture historique? Jamais!

Ce Québec bashing made in Quebec me hérisse autant que celui des Canadiens anglais qui, bien sûr, aiment à inviter nos grands commentateurs pour cracher sur nous en anglais.

Erreurs oubliées

Et dire qu’après la grande fraude fédéraliste de 1995, dont le scandale des commandites a révélé l’ampleur, un ministre du temps, Guy Chevrette, avait parlé de la nécessité d’émettre une carte de l’électeur. Ça aurait évité la situation actuelle. Mais le gouvernement péquiste a eu trop peur d’aller de l’avant, et nous en sommes encore à la case zéro. Sans doute sommes-nous une bande de zéros qui n’apprennent pas de leurs erreurs...

À voir ces fédéralistes forcenés, tel Couillard, qui aspirent à commettre le suicide national pour consolider l’unité canadienne; et à voir cette lâcheté chez nos jeunes soit américanisés à outrance, soit politisés à l’école de «Passe-Partout David» et «Passe-Montagne Khadir», on se dit que c’est fini. Si le Québec est réduit au statut de simple province au nom du conformisme fédéral, c’est la mort.

Et le Québec «louisianisé» sera toujours méprisé en raison de cette deuxième Conquête définitive, avec Couillard le signataire. Nos descendants auront honte de nous et des noms de Frenchies que nous leur aurons laissés. Notre devise ne devrait pas être Je me souviens, mais Nous serons oubliés.

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