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«Manque d’éthique flagrant» - Bernard Drainville

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ANNIE T ROUSSEL/JOURNAL DE QUEBEC/AGENCE QMI

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Philippe Couillard «n’a pas dit la vérité» aux Québécois, estime le candidat péquiste Bernard Drainville qui dénonce le choix du chef libéral d’avoir eu un compte bancaire dans un paradis fiscal.

«Plus on apprend sur Philippe Couillard, moins il est digne de notre confiance», a-t-il dit en point de presse, jeudi, parlant de problème «moral» et de «manque d’éthique flagrant».
 
«Philippe Couillard n’a rien fait d’illégal, mais ce qu’il a fait en dit long sur son éthique et sur ses valeurs morales», a-t-il déclaré.
 
Alors qu’il travaillait comme neurochirurgien en Arabie saoudite (1992 à 1996), M. Couillard a fait verser 600 000 $ dans une succursale de la Banque Royale du Canada sur l’île de Jersey, réputée à l’époque pour son secret bancaire.
 
M. Couillard a fait savoir que le compte a été fermé en 2000. À son retour au Québec, il a déclaré cet actif et a payé des intérêts sur les revenus, comme l’exige la loi.
 
«Ce compte était public, déclaré et les impôts dus ont été acquittés, peut-on lire dans un communiqué du PLQ. Les lois fiscales québécoises et canadiennes ont toujours été respectées. Depuis 2000, à la suite d’un jugement de séparation, ce compte ne lui appartient plus.»
 
Pour le député caquiste sortant de Granby, François Bonnardel, «cet épisode ne fait que s’ajouter à l’ombre qui plane déjà au-dessus de la tête de Philippe Couillard quant à ses comportements et à son jugement notamment dans ses amitiés».
 
Présent lors du point de presse, jeudi, le candidat péquiste Simon Prévost a indiqué que ce choix pose tout de même des questions «de justice», «d’équité», et de «crédibilité». «Quelle crédibilité a maintenant M. Couillard pour lutter contre les paradis fiscaux?» a demandé M. Prévost.
 
Le ministre Bernard Drainville en a rajouté. «Si tu te présentes au poste de premier ministre, tu dois faire la preuve d’une éthique irréprochable», a-t-il dit.
 
«Le débat autour des paradis fiscaux est un débat important et je pense qu’il faut dire très clairement qu’on est contre les paradis fiscaux, a dit le candidat péquiste dans Marie-Victorin. On ne souhaite pas [qu’ils] existent, parce qu’ils privent le trésor public de milliards.»
 
«Payer de l'impôt au Québec»
 
Plusieurs questions restent encore sans réponse, selon le PQ. «Qu’ils nous disent […] combien le stratagème du paradis fiscal lui a permis de sauver en impôts», a demandé M. Drainville.
 
Même si M. Couillard avait déménagé avec toute sa famille en Arabie Saoudite, M. Drainville croit qu’il aurait quand même dû payer ses impôts au Québec. «Pourquoi n’a-t-il pas payé ses impôts au Québec? a-t-il demandé à plusieurs reprises. Il aurait très bien pu garder ses comptes ouverts ici, déposer son argent, payer son impôt.»
 
Il estime que l’Arabie Saoudite a profité du fruit du travail des contribuables d’ici, puisque ce sont les «bons Québécois, payeurs d’impôt, qui ont payé pour le former».
Interrogé par les journalistes sur son cas personnel, M. Drainville a assuré que lorsqu’il lui était arrivé de travailler à l’étranger, il avait payé ses impôts. «Et je n’ai pas mis l’argent dans un paradis fiscal», a-t-il précisé.
 
Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée
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