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Carnets d’Afrique du Sud

Carnets d’Afrique du Sud

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Carnets d’Afrique du Sud
Vin plaisir
pour offrir ou se faire plaisir
Chenin Blanc 2012, Stellenbosch, De Trafford
14,5 %, Afrique du Sud
Type: vin blanc
Code: 11659273
Prix: 32,75 $
 
Une production confidentielle dont le Québec a le bonheur d’avoir la plus grande part. Un chenin plus «travaillé», puisque fermenté en barrique et élevé une dizaine de mois en fût de 225 litres pour le 2/3 et de 700 litres pour l’autre tiers. Finement parfumé tout en affichant une richesse assumée avec des notes miellées, d’abricot frais et de craie. Ample en attaque, le tout se ressert et laisse une impression tactile qui s’agrippe au palais. L’acidité naturelle élevée garde le tout en équilibre et permet à la finale d’éviter le piège de ses presque 15 % d’alcool pour s’étirer longuement sur des notes de poire chaude et de camomille.
[ ★★★1/2 | $$$ ]
Les vins
Collaboration spéciale
La première image qui vient quand on pense à ce pays, c’est le pinotage, cépage donnant un vin violacé aux odeurs animales et de caoutchouc dont on a souvent du mal à prendre plus d’un verre.

C’est du moins l’idée réductrice que je m’en faisais avant d’y mettre les pieds. Depuis Stellenbosch, épicentre viticole d’où j’écris ces lignes, je vous assure que le pays a beaucoup à offrir!

Puisqu’il est impossible de tout couvrir en un seul papier, je vous laisse sur quelques notes de calepin. Pour le reste, il suffira de passer visiter notre blogue Les Méchants Raisins et d’aller faire un tour à la Grande Dégustation les 7 et 8 novembre prochain qui mettra l’Afrique du Sud, et plus particulièrement, le chenin en vedette.

Le chenin

S’il y a un cépage sur lequel le pays doit miser, c’est lui. Il donne ici des vins brillants, le climat et le terroir s’y prêtant remarquablement bien. Contrairement à la Loire, l’Afrique du Sud connaît peu de mauvaises années et le cépage profite bien de son climat tempéré. Son acidité naturelle élevée permet de mettre en valeur la richesse de son fruité et il fait des merveilles, qu’il soit vinifié avec ou sans bois.

L’ennui, c’est qu’il est encore mal-aimé tant par les Sud-africains qui préfèrent généralement boire du rouge, que par le reste de la planète qui le voit d’un mauvais œil lorsqu’il ne provient pas de la Loire. Du coup, les producteurs se sont tournés vers le chardonnay et le sauvignon blanc, deux cépages qui se vendent mieux, mais qui donnent des résultats moins intéressants. Le vent semble par contre tourner. On trouve de plus en plus de vignerons qui choisissent de s’y consacrer sérieusement. Le plus merveilleux, c’est que les prix demandés sont ridiculement bas. Au Québec, surveillez des noms comme Beaumont, Raats, Mulderbosch, Lammershoek, Mullineux, De Trafford et Fairview qui débarquent de temps à autre à la SAQ.

Ricardo

J’ai choisi de vous en parler parce que les deux cuvées sud-africaines du chef le plus populaire du moment risquent de devenir aussi présentes dans les SAQ que son visage sur ses livres de recettes. Les chiffres sont impressionnants: environ 40 000 caisses distribuées dans près de 230 succursales d’un bout à l’autre du Québec. Il s’agit d’un sauvignon blanc et d’un shiraz. Ricardo participe de façon ponctuelle à leur élaboration, mais c’est en réalité Dubernville, une maison faisant partie du géant Distell, le plus gros producteur de vins et spiritueux du pays, qui est responsable d’élaborer les vins.

La démarche n’est pas sans rappeler celle de François Chartier en proposant un vin de tous les jours et des idées d’accords avec la cuisine, le côté prétentieux et révolutionnaire en moins. Dégustés sur place en compagnie d’un Ricardo aussi excité qu’un enfant le jour de Noël, les vins sont techniquement irréprochables avec un petit avantage pour le sauvignon au fruité tendre et digeste. À 16,95 $, c’est encore un peu cher, surtout en regard de la qualité que l’on trouve ailleurs dans le pays, mais je prédis un autre succès commercial.

La révolution Swartland

L’accession au pouvoir de Mandela et la levée des sanctions économiques, au cours des années 1990, ont entraîné la production viticole du pays dans un tourbillon sans précédent. Partout, on s’est empressé d’arracher les vieux ceps de chenin et de shiraz pour les remplacer par les cépages à la mode: merlot, cabernet-sauvignon, chardonnay et sauvignon. Considéré trop chaud et trop sec, dépourvu de système d’irrigation, Swartland est le seul endroit qui a échappé au raz-de-marée. Du coup, c’est ici qu’on retrouve aujourd’hui les plus vieilles vignes du pays, lesquelles suivent les compositions granitiques aléatoires du sol un peu comme les trous dans un gruyère. Le manque d’eau force la vigne à creuser profondément ses racines afin d’y récupérer les nutriments nécessaires à sa survie. C’est ce qui explique le côté très minéral de plusieurs vins qu’on remarque par les odeurs de fumée et de pierre à fusil. Ajoutez à cela l’arrivée de jeunes vignerons motivés par l’authenticité et allergiques aux standards commerciaux, et vous vous retrouvez avec une petite révolution qualitative qui fera le bonheur des amateurs! Une région à suivre de près.

Suggestions

Chenin Blanc 2013, Western Cape, Robertson Winery (10,30 $): La preuve la plus évidente qu’on peut produire en grande quantité un blanc de qualité à tout petit prix. Tout y est: nuance, fraîcheur, équilibre et plaisir. C’est aussi le meilleur exemple du chenin sans flafla, un style pur que j’ai souvent préféré à celui poussé qui vient maquiller le vin. À acheter les yeux fermés!
Chardonnay 2012, Hemel-en-Aarde Valley, Hamilton Russel (33,25 $): Je vous préviens, il reste peu de bouteilles dans le réseau de la SAQ, mais je me devais de vous en parler car c’est à mon sens le meilleur chardonnay que j’ai goûté ici. Un style qui rappelle les vins des Bret Brothers à Pouilly Fuissé, en Bourgogne. Tendre et généreux tout en montrant de la retenue, de la fraîcheur, beaucoup de définition et une finale qui s’étire. Un grand millésime pour ce domaine hautement qualitatif. Dépêchez-vous!
Syrah 2010, Stellenbosch, Stark-Condé (22 $): Impossible de ne pas tomber sous le charme. Tout aussi difficile de trouver l’origine du vin à l’aveugle. C’est juteux, presque racoleur, tout en montrant de la fraîcheur et une assez bonne précision avec des arômes de fruits noirs, de tapenade et de viande grillée.
Chenin Blanc 2013
Robertson Winery,
Western Cape,
12,5 %, Afrique du Sud
Prix: 10,30 $
Code: 10754228
[ ★★1/2 | $ ]
The Wolftrap 2012
Boekenhoutskloof,
Western Cape,
14,5 %, Afrique du Sud
Prix: 16,75 $
Code: 11605734
[ ★★1/2 | $ $ $ ]
Chardonnay 2012
Hamilton Russel,
Hemel-en-Aarde Valley,
13 %, Afrique du Sud
Prix: 33,25 $
Code: 11662270
[ ★★★★ | $ $ $ ]
Syrah 2010
Stark-Condé, Stellenbosch,
14,5 %, Afrique du Sud
Prix: 22,00 $
Code: 12169428
[ ★★★ | $ $ ]
correct
★★
bon
★★★
très bon
★★★★
excellent
★★★★★
exceptionnel
Plus d’étoiles que de dollars : vaut largement son prix.
Autant d’étoiles que de dollars : vaut son prix.
Moins d’étoiles que de dollars : le vin est cher.
www.saq.com
514 254-2020
1 866 873-2020
La première image qui vient quand on pense à ce pays, c’est le pinotage, cépage donnant un vin violacé aux odeurs animales et de caoutchouc dont on a souvent du mal à prendre plus d’un verre.

C’est du moins l’idée réductrice que je m’en faisais avant d’y mettre les pieds. Depuis Stellenbosch, épicentre viticole d’où j’écris ces lignes, je vous assure que le pays a beaucoup à offrir!

Puisqu’il est impossible de tout couvrir en un seul papier, je vous laisse sur quelques notes de calepin. Pour le reste, il suffira de passer visiter notre blogue Les Méchants Raisins et d’aller faire un tour à la Grande Dégustation les 7 et 8 novembre prochain qui mettra l’Afrique du Sud, et plus particulièrement, le chenin en vedette.

Le chenin

S’il y a un cépage sur lequel le pays doit miser, c’est lui. Il donne ici des vins brillants, le climat et le terroir s’y prêtant remarquablement bien. Contrairement à la Loire, l’Afrique du Sud connaît peu de mauvaises années et le cépage profite bien de son climat tempéré. Son acidité naturelle élevée permet de mettre en valeur la richesse de son fruité et il fait des merveilles, qu’il soit vinifié avec ou sans bois.

L’ennui, c’est qu’il est encore mal-aimé tant par les Sud-africains qui préfèrent généralement boire du rouge, que par le reste de la planète qui le voit d’un mauvais œil lorsqu’il ne provient pas de la Loire. Du coup, les producteurs se sont tournés vers le chardonnay et le sauvignon blanc, deux cépages qui se vendent mieux, mais qui donnent des résultats moins intéressants. Le vent semble par contre tourner. On trouve de plus en plus de vignerons qui choisissent de s’y consacrer sérieusement. Le plus merveilleux, c’est que les prix demandés sont ridiculement bas. Au Québec, surveillez des noms comme Beaumont, Raats, Mulderbosch, Lammershoek, Mullineux, De Trafford et Fairview qui débarquent de temps à autre à la SAQ.

Ricardo

J’ai choisi de vous en parler parce que les deux cuvées sud-africaines du chef le plus populaire du moment risquent de devenir aussi présentes dans les SAQ que son visage sur ses livres de recettes. Les chiffres sont impressionnants: environ 40 000 caisses distribuées dans près de 230 succursales d’un bout à l’autre du Québec. Il s’agit d’un sauvignon blanc et d’un shiraz. Ricardo participe de façon ponctuelle à leur élaboration, mais c’est en réalité Dubernville, une maison faisant partie du géant Distell, le plus gros producteur de vins et spiritueux du pays, qui est responsable d’élaborer les vins.

La démarche n’est pas sans rappeler celle de François Chartier en proposant un vin de tous les jours et des idées d’accords avec la cuisine, le côté prétentieux et révolutionnaire en moins. Dégustés sur place en compagnie d’un Ricardo aussi excité qu’un enfant le jour de Noël, les vins sont techniquement irréprochables avec un petit avantage pour le sauvignon au fruité tendre et digeste. À 16,95 $, c’est encore un peu cher, surtout en regard de la qualité que l’on trouve ailleurs dans le pays, mais je prédis un autre succès commercial.

La révolution Swartland

L’accession au pouvoir de Mandela et la levée des sanctions économiques, au cours des années 1990, ont entraîné la production viticole du pays dans un tourbillon sans précédent. Partout, on s’est empressé d’arracher les vieux ceps de chenin et de shiraz pour les remplacer par les cépages à la mode: merlot, cabernet-sauvignon, chardonnay et sauvignon. Considéré trop chaud et trop sec, dépourvu de système d’irrigation, Swartland est le seul endroit qui a échappé au raz-de-marée. Du coup, c’est ici qu’on retrouve aujourd’hui les plus vieilles vignes du pays, lesquelles suivent les compositions granitiques aléatoires du sol un peu comme les trous dans un gruyère. Le manque d’eau force la vigne à creuser profondément ses racines afin d’y récupérer les nutriments nécessaires à sa survie. C’est ce qui explique le côté très minéral de plusieurs vins qu’on remarque par les odeurs de fumée et de pierre à fusil. Ajoutez à cela l’arrivée de jeunes vignerons motivés par l’authenticité et allergiques aux standards commerciaux, et vous vous retrouvez avec une petite révolution qualitative qui fera le bonheur des amateurs! Une région à suivre de près.

Suggestions

Chenin Blanc 2013, Western Cape, Robertson Winery (10,30 $): La preuve la plus évidente qu’on peut produire en grande quantité un blanc de qualité à tout petit prix. Tout y est: nuance, fraîcheur, équilibre et plaisir. C’est aussi le meilleur exemple du chenin sans flafla, un style pur que j’ai souvent préféré à celui poussé qui vient maquiller le vin. À acheter les yeux fermés!

Chardonnay 2012, Hemel-en-Aarde Valley, Hamilton Russel (33,25 $): Je vous préviens, il reste peu de bouteilles dans le réseau de la SAQ, mais je me devais de vous en parler car c’est à mon sens le meilleur chardonnay que j’ai goûté ici. Un style qui rappelle les vins des Bret Brothers à Pouilly Fuissé, en Bourgogne. Tendre et généreux tout en montrant de la retenue, de la fraîcheur, beaucoup de définition et une finale qui s’étire. Un grand millésime pour ce domaine hautement qualitatif. Dépêchez-vous!

Syrah 2010, Stellenbosch, Stark-Condé (22 $): Impossible de ne pas tomber sous le charme. Tout aussi difficile de trouver l’origine du vin à l’aveugle. C’est juteux, presque racoleur, tout en montrant de la fraîcheur et une assez bonne précision avec des arômes de fruits noirs, de tapenade et de viande grillée.

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