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Financement | Politique

Encore des agendas dans les mains de l’UPAC

La police étudie les rencontres de l’ex-président de l’AMT et directeur du PLQ

Joël Gauthier
Photo d'archives

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L’Unité permanente anti-corruption (UPAC) scrute à la loupe les activités de l’ancien directeur du Parti Libéral du Québec, Joël Gauthier, après sa nomination comme président de l’Agence métropolitaine des Transports.

L’Unité permanente anti-corruption (UPAC) scrute à la loupe les activités de l’ancien directeur du Parti Libéral du Québec, Joël Gauthier, après sa nomination comme président de l’Agence métropolitaine des Transports.

L’UPAC a récemment obtenu des centaines de pages d’agendas et des copies de courriels relatifs à l’emploi du temps de M. Gauthier à l’Agence métropolitaine de transport (AMT), entre 2003 et 2012.

Ces documents poussent les policiers à se questionner sur ses rencontres avec certains des principaux acteurs de la collusion à Montréal au cours des dernières années, dont l’ex vice-président de la firme de génie-conseil Dessau, Rosaire Sauriol. Son nom apparaît rien de moins que 23 fois dans les agendas, entre 2006 et 2009.

Joël Gauthier était invité par M. Sauriol dans plusieurs activités privées et publiques, notamment dans la loge de Dessau du Centre Bell, pour le spectacle de Madonna en juin 2006. «On a parlé d’affaires quelques fois, mais Rosaire était aussi un grand ami et il l’est encore d’ailleurs», a commenté Joël Gauthier, hier.

Tony Accurso

En plus d’avoir été accusé de complot, de fraude, d’abus de confiance et de corruption après l’opération Honorer en 2013, Rosaire Sauriol a avoué devant la commission Charbonneau s’être livré à du financement illégal et de la collusion. Rosaire Sauriol a poliment refusé d’aborder le sujet lorsque nous l’avons joint au téléphone.

M. Gauthier est maintenant président du groupe Hexagone, qui regroupe plusieurs anciennes entreprises de l’homme d’affaires Tony Accurso.

Borsellino et Tomassi

Certains lunchs prévus suscitent beaucoup de curiosité à l’UPAC. Notamment un souper prévu en mai 2007 au restaurant Le Muscadin, rue Notre-Dame à Montréal, en compagnie de Joe Borsellino et de l’ex-ténor libéral Tony Tomassi. Que faisait l’ancien ministre de la Famille à table ce soir-là ?

«Borsellino avait des problèmes sur un chantier de l’AMT, explique Joël Gauthier. Il est sûrement passé par Tomassi pour me rencontrer. Je ne connaissais pas Borsellino avant ce soir-là.» Selon nos informations, Tony Tomassi aurait joué le rôle d’entremetteur à une autre reprise en lien avec des dossiers de l’AMT. Après cette première rencontre, cinq autres rencontres étaient planifiées entre l’homme d’affaires et le gestionnaire de l’AMT sur une période de deux ans. L’une d’elles a eu lieu au Centre Bell, à laquelle les épouses des deux hommes étaient invitées. «Ça a toujours été pour régler des dossiers professionnels», assure Joël Gauthier.

Hockey avec Cima +

Les documents consultés montrent des rencontres avec d’autres firmes de génie québécoises éclaboussées par des scandales et l’emploi du temps de M. Gauthier. Génivar, SNC-Lavallin, Cima + et Louisbourg font partie des firmes souvent mentionnées dans l’agenda. Ces entreprises avaient toutefois un lien d’affaires avec l’AMT. L’un des événements à l’horaire se déroulait encore une fois au Centre Bell où Joël Gauthier était invité dans la loge corporative de CIMA +. Le président de cette firme de génie lavalloise, Kazimir Olechnowicz, et l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt y était également conviés.

«Il n’y avait pas juste eux! Il y avait plusieurs personnes du ministère des Transports avec nous (...) En tout cas, je peux vous dire une chose, je n’ai pas de problème à dormir! J’ai toujours été honnête», conclut-il.

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