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Des centaines de millions $ en jeu

Le bogue du 8 avril coûtera très cher aux Québécois

Windows XP
Photo Courtoisie Ce message apparaît sur des ordinateurs de la fonction publique qui risquent d’être plus vulnérables aux pirates informatiques après le 8 avril.

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Le 8 avril n’est pas seulement le lendemain de l’élection au Québec, mais le jour où des milliers d’ordinateurs du gouvernement provincial cesseront d’être supportés par Microsoft, ce qui coûtera des centaines de millions de dollars aux contribuables.

Le 8 avril n’est pas seulement le lendemain de l’élection au Québec, mais le jour où des milliers d’ordinateurs du gouvernement provincial cesseront d’être supportés par Microsoft, ce qui coûtera des centaines de millions de dollars aux contribuables.

La grande majorité des 750 000 ordinateurs de la fonction publique québécoise ont depuis longtemps utilisé la version XP que Microsoft cessera de supporter ce jour-là, après 13 ans.

Le gouvernement refuse de dévoiler le véritable coût (voir autre texte) du problème, mais notre Bureau d’enquête a appris que le manque de planification dans ce dossier est en train d’engendrer des dépenses de plusieurs millions de dollars qui auraient pu être évitées.

Microsoft avait suggéré aux grandes organisations de prévoir cette migration vers une nouvelle version depuis deux ans pour éviter qu’elles frappent le mur du 8 avril. Mais le Québec accuse un sérieux retard, bien que la migration soit entamée.

En clair, les ordinateurs fonctionneront encore le 8 avril, mais la multinationale ne s’engage plus à fournir son aide en cas de défaillance.

Les ordinateurs deviendront ainsi beaucoup plus vulnérables face aux risques de virus qui sont déjà six fois plus élevés dans la version XP que dans la récente version, Windows 8. Les experts s’attendent d’ailleurs à des attaques informatiques massives.

En retard

Malgré les risques, de nombreux postes continueront de fonctionner encore longtemps avec la version XP, a appris notre Bureau d’enquête. Impossible toutefois de savoir précisément combien de temps.

L’automne dernier, Benoit Boivin, le secrétaire associé au Secrétariat du Conseil du trésor (SCT), nous avait dit qu’il «n’y allait pas avoir beaucoup» de postes non migrés le 8 avril.

Il avait mentionné que son personnel allait nous transmettre les «fins détails». Ça n’a jamais été fait, malgré nos demandes.

Une source confidentielle a bien voulu nous fournir les données pour le réseau de la santé: durant la dernière année, sur 175 000 postes informatiques, pas moins de 140 000 n’avaient toujours pas la nouvelle version.

Garantie prolongée

Pour les retardataires qui auront encore la version XP, Microsoft offre un support étendu, soit une sorte de garantie prolongée. En octobre dernier, M. Boivin nous avait dit qu’un support étendu coûte de «très grand frais» et que «pas beaucoup de monde achète ça».

Étonnamment, des documents internes obtenus démontrent que le gouvernement a justement négocié un contrat de support étendu de deux ans avec Microsoft. Cette garantie prolongée coûtera des millions $. Pour les coûts exacts, notre Bureau d’enquête attend une réponse depuis le 11 mars.

En comparaison, la Ville de Québec qui terminera sous peu sa migration, n’a pas négocié de support étendu puisque les coûts demandés par Microsoft étaient «exorbitants», nous a dit la Ville.

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