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Le Québec dans le rouge ?

Une campagne électorale, c’est comme notre temps des Fêtes !

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Personnellement, j’ai trouvé que Le Journal et TVA avaient fait œuvre utile il y a quelques semaines en diffusant une série de reportages regroupés sous le titre «Le Québec dans le rouge». J’ai entendu beaucoup de bons commentaires du public. Les gens semblaient aimer être mieux informés sur la réalité financière du Québec et semblaient avoir le goût d’en discuter.

Personnellement, j’ai trouvé que Le Journal et TVA avaient fait œuvre utile il y a quelques semaines en diffusant une série de reportages regroupés sous le titre «Le Québec dans le rouge». J’ai entendu beaucoup de bons commentaires du public. Les gens semblaient aimer être mieux informés sur la réalité financière du Québec et semblaient avoir le goût d’en discuter.

Chiffres à l’appui, le dossier présentait vraiment le Québec comme étant dans le rouge. Une dette publique de 264 milliards, un ralentissement de la création de richesse, le Québec y était décrit comme la province la plus endettée au Canada, mais aussi comme une province qui se ramasse en queue de peloton quant au revenu moyen des ménages. Problèmes de productivité, augmentation incontrôlée de la bureaucratie, glissement vers l’appauvrissement, on y constatait clairement un Québec en situation de crise.

Quelques semaines plus tard, nous voici au cœur d’une campagne électorale. La crise, vous la sentez? Personnellement, j’ai au contraire l’impression que dès le jour du déclenchement de l’élection, nous sommes soudainement entrés dans un autre espace-temps. Je n’ai pas le moins du monde le sentiment que nous sommes une société en situation de crise qui cherche les meilleures voies pour s’en sortir.

Party de Noël

Le Québec se comporte comme certaines familles qui vivent en permanence en difficulté financière, mais qui oublient complètement leur situation pendant les semaines du temps des Fêtes. Une campagne électorale, c’est comme notre temps des Fêtes! L’atmosphère que crée un dossier comme «Le Québec dans le rouge», nous sommes bien prêts à en placoter de temps en temps. Mais en période électorale, qui est pourtant le moment de prendre des décisions cruciales, laissez-nous tranquilles avec ça!

Aucun des partis ne s’adresse à vous en décrivant le Québec comme étant en crise. Il y a peut-être la CAQ qui insiste sur une réduction des dépenses et qui a refusé de dire oui à toutes les demandes comme l’anneau de glace couvert du maire Labeaume, mais le parti évite d’utiliser un ton alarmiste. D’ailleurs, la plupart des porte-parole économiques, tous partis confondus, vont en privé reconnaître la gravité de la situation du Québec. Mais sur la place publique, ils savent que ce n’est pas ce qu’il faut dire.

Alarmant ?

Pourquoi tout le monde évite le ton alarmiste même si la réalité est réellement alarmante? Parce que la population n’est pas prête à entendre parler des remèdes de cheval qui seraient requis pour redresser la situation. Nous n’avons jamais été habitués à des programmes électoraux autres que des promesses de dépenser plus dans plein de secteurs.

Serions-nous prêts un jour pour un programme qui contiendrait ce genre d’engagements: remplacer le gouvernement qui s’occupe de tout par la responsabilité individuelle, une culture de l’effort à l’école, développer l’entrepreneurship sans subventions? J’en doute.

Choisissez qui blâmer? Les partis politiques qui ont peur, la population qui refuse de voir la réalité ou les médias qui transformeraient une politique responsable en campagne de peur.

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